ASTRÉE, ACTE III, SCÈNE
ASTBÉB.
Ah ! ne rappelez point une injuste défense : Mes pleurs ont lavé cette offense; Deviez-vons sniyre cette loi?
CÉLADON
Quoi I TOUS m'avez pleuré 1 Ces lannes précieuses Auraient arrosé mon tombeau !
Divinités , de mon sort envieuses , Avez-vous un destin si beau ?
Les yeux de la divine Astrée M^ont vengé de votre courroux :
Vous ignorez les plaisirs les plus doux : Descendez en une contrée Où de semblables yeux puissent pleurer pour vous.
ASTBÉB.
PTirritez point les dieux , et craignez leur puissance; Vos transports les pourraient contre nous animgr.
J'ai de vos feux assez de connaissance ;
Vous m'aimez trop. . .
CÉLADON
Peut-on vous trop aimer ?
ASTRÉE
Que je vous ai causé d'alarmes I Ai-je trop pu les payer par mes larmes?
Ah 1 que nous bénirons nos fers ,
Si Famour mesure ses charmes
Sur les tourments qu'on a soufferts 1 ASTRÉB , CÉLADON , ensêmbU.
0 doux souvenir de nos peines 1 O nceuds par qui Tamour recommence à fermer
L'espoir le plus cher de nos chaînes , Redoublez les plaisirs qui viennent nous charmer !
O doux souvenir de nos peines !