ANTOINE, CLÉOPATRE, ÉROS, CHARMION
îros.
A ce cpnp tous voilà comme an baudet sanglé , Sire. Nous nous élions rangés sur les murailles Pour ouïr un zéro , qui nous a dit : « Canailles , « Écoutez-moi. Je viens de la part de César ,
• Qui vous époustera comme il foqt , tôt ou tard , « Si vous ne lui livrez cette reine fîchne ,
n Pour qui le grand Antoine a si fort la berlue , « Et qui Ta débauché. Sauvez-vous à ce prix. »
CLÉOPATILE.
Il a dit cela ?
ÉROS
Bon 1 il a dit cent fbis pis.
De tous les vilains noms qu'atlire sur sa tête , Au milieu de la halle , une bourgeoise en créle , Im ni^mant , sans tourner tout droit autour du pot, Il n*en a pas perdu le moindre pelit mot. Dame , à ce compliment , prenant , grattant sa tête , Chacun a mis de Feau dans son vin: « La requête
• Est juste , a-t-on crié. Qu'Antoine au berniquet ,
• En voyant Cléopâtre , abaisse son caquet :
€ Rompre avec une femme est une bagatelle. ■
ANTOINE
Moi , quitter ses beaux yeux ! que ferais- je sans elle? M*arracher de son lit I moi , moi , la planter là ! On me verra plutôt , j en jure, avant cela , Cul-de-jatte, estropiât ^ impotent ) c'est tout dire. Je vous défendrai mieux que je n'ai fait Tempire.
ÉKOS.
« Assoté comme il est de ses folles amours , a Antoine est assez lât pour la garder toujours, t A-t-on dit. A ces mots, tous vos Romains gendarmes, Dégringolant les murs , et boutant bas les armes , Ont au camp de César couru conrnie des diiens ; Il ne vous reste plus que vos Egyptiens, Encore ont-ils biep peur.
ANTOINE
Mon nom leur doit sufibe ; Us ne sont pdht vaincus , puisque Antoine respire ; Tant que dans Funivers il pourra respirer , n vivra : de cela courez les assurer ; Et, pour chasser la peur dont leur âme est saisie , Qu'on leur donne à chacun pour un sou d'ean-de-vie. Allez.