‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 468 sur 723 · LA COUPE ENCHANTÉE, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

LA COUPE ENCHANTÉE, SCÈNE VI

jossBJun.

Noit

Voos êtes donc sourds ?

JOSSBLIN.

Encore moîiis.

THIBATJT.

Et pourquoi donc ne répondez-TOus pas?

JOSSELIN

Parce qu'il ne nous plaît pas.

THIBAUT

Palsangaé 1 tous êtes trop drôles I Puisque vous D êtes ni sourds ni muets , U fiiut que je vous embrasse ; oui , morgue I je sis votre sarriteur.

JOSSBUN.

Est-ce que nous nous connaissons?

THIBAUT

Je ne sais pas ; mais je crois que nous ne nous looimes jamais Yus.

JOSSBLIN.

Cest oe qui me semble.

THIBAUT

Palsangtiîé I tous v*l^bian étonnés I

JOSSBLIN.

Et qui ne le serait pas ? nous ne nous connaissons point , et TOUS m'embrassez comme si nous nous étions TQS toute notre vie.

Testig^é t TOUS aTcz bieau dire s je Tois à Totre mine que tous êtes un bon TiTant , et que tous m'enseignemz ce que je charche.

JOSSELU9.

Et que cherchez-Vous ?

THIBAUT

Je diarche ma fcmme ; ne TaTez-Tons point Tue ?

JOSSBLIN.

Ah t vraiment oui , c'est bien ici qu'il fout chercher des femmes 1

taiBAUT.

Elle a nom Parrette. Elle s'en est enfuie de cheuz ooQg, palsangué! cela estbian drdle, pour courir les diamps aTecque la fille de M. l?obie , notre niaitre, que Ton Toulait marier maugré elle au fils de M. Griffon , ncTCu de notre maîtresse. Je ne sais , niorgué ! comme les masques ont fagoté tout ça ; nais la nuit Parrette se couchit auprès de moi , et pois je ne l'y trouvis plus. le lendemain : aTCz-vous Hnois rian tu de pus plaisant que ça ?

JOSSBLIN.

Cda est fart plaisant.

THIBAUT

Oh ! oe quil y a de plus récréatif, c'est qu'elles mt toutes fines seules ; et comme elles sont, mor- S«Â ! bian jolies , si elles allaient rencontrer quea-

que gaillard qui Toulût en foire comme des dioux de son jardin, elles seraient bian attrapées! Tout franc, quand je songe à cela , je n'en ris , morguoi ! que du bout des dents.

JOSSBLIN.

Que craIgnez-TOus?

THIBAUT

Je crains... et que sais-je , moi ? je crains... Estce que vous ne saTcz pas ce qu'on craint quand on ne sait où diable est sa femme ?

JOSSBLIN.

Si TOUS aTiez euTie de savoir ce qui en est , on pourrait tous donner satisfaction.

THIBAUT

Bon ! est-ce qu'on sait jamais ça ? PourVen douter, passe ; mais pour en être sôr, nifle. J'aurais, morgue 1 bieau^le demander à Parrette, aile ne FaTOuerait jamais ; aile est trop dessalée.

JOSSBLIN.

Nous aTons ici un moyen sûr pour en saToir la Térité.

THIBAUT

Et qu'est-ce encore ?

JOSSBLIN.

C'est une coupe qui est entre les mains du seigneur de oe château : quand elle est pleine de Tin , si la femme de celui qui y boit lui est fidèle , il n'en perd pas une goutte ; mais si elle est infidèle , tout le Tin répand à terre.

THIBAUT

Cela est bouffon l Et où diable a-t41 péché cela !

JOSSBLIN.

Il l'a achetée d'un Arabe qui, soit par composition ou par enchantement, y aTait attaché cette Tcrtu.

THIBAUT

Et pourquoi ce monsieur acheta-t-il ce joyau-là?

JOSSBLIN.

Par curiosité.

THIBAUT

Est-ce qu'il était marié?

JOSSBLIN.

Oui.

THIBAUT

Tentends, j'entends; il Toulait Toir si sa femme... n'est-ce pas ?

JOSSBLIN.

Justement.

THIBAUT

D'abord qu'il eut la coupe , il y but , je gage?

JOSSBLIN.

Vous l'aTCz dit.

THIBAUT. '

Elle répandit?

JOSSBLIN.

Non.

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