‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 497 sur 723 · SCÈNE YL · texte numérisé non relu

SCÈNE YL

TODÎON, JUUE ; SAINT- AMANT, DORAHE,

à \a fenêtre,

TOINOIf.

Qoel TeoTage 1 pour moi, madame, je Tadmirel Qooî I pleurer un époux en s'étouffant de rire ! U mode en est jolie , et pourra foire bruit.

JOLIE

De cette mort , Toinoif , cueillons , goâtons le fruit : JooissoDs do bonheur que le del nous envoie ; k n ai plus de mari I quel plaisir ! quelle joie ! Câébrons à jamais le jour de son trépas : Quoi qa'oo dise, Toinon, la gu^re a ses appas, 5cs heures d'agréments, comme ses douloureuses : Qw d'héritiers contents, que de VeuTcs heureuses !

SAINT-AMANT, à Dofame.

Cot trop tôt triompher.

TomoN.

Mais on se contrefait , Seoleinent pour la forme.

JUUB.

Eh! ne Fai-je pas fait?

Pour dérober ma joie à la commune envie, ^e m'enferme an désert : voyez la modesUe!

TOIlfON.

Hâ il dut à Paris retourner une fois.

JULIB.

l^sttz-moi divertir tout le reste du mois ; ^oyée à peu près de ces réjouissances, ^irai me délasser parmi les bienséances, Mkt an plus profond d'un noir appartement, He parer de l'éclat d'un lugubre ornement, ^eoer en spectacle un deuil en grand vdume, ^ donner en public des pleurs à la coutume.

TOINON

^1 Toolant tout le mois déguiser votre deuil,

Pourquoi faire venir Géliane et Montrenilî

JULIE

n faut dans le plaisir un peu dé compagnie : On le respire mieux, et sans elle il ennuie. Outre un dessein que j'ai que tu n'as pu prévoir. Us s'aiment : on le dit; et je veux le savoir. En être convaincue, et les brouiller ensemble, Toinon.

TOINON

Dans ce dessein j'entrevois, ce me semble : Vous voulez pour époux vous donner Montreuil ?

JULIE

Moil D'un mari , d'un bourru, je reprendrais la loi ? On peut par des raisons du monde et de famille , Par de certains désirs, et pour sortir de fille, Une fois en sa vie arborer ce lien ; Mais aller jusqu'à deux, je m'en garderai bien.

TOINON

Ma foi! vous ferez bien de garderie veuvage; Car si , par cas fortuit , dans le cours de votre âge» Vous alliez en pleurer un ou deux seulement, Comme vous avez fait monsieur de Saint- Amant , Et rendre vos douleurs encore aussi célèbres. Vous vous ruineriez en dépenses funèbres.

JUUB.

Fi ! des maris, Toinon ! des amis , des amis ! A vous plaire, à votre ordre, ils sont toujours soumis. On sait s'approprier leurs divers caractères; Le conseiller se rend utile à vos aflaires , On compte au lansquenet le riche financier, Le partisan commode est un bon dépensier, Le courtisan grossit la foule aux Tuileries, L'abbé nous divertit par ses minauderies, Le bel esprit en vers distingue du commun , Et, paràni ce ramas, le cœur en regarde un.

TOINON

J'entends, je vob, madame, où l'estime vous mène. Et Montreuil d'un clin d'cril tout contraire à la haine Sera le regardé, n'est-ce pas?

JULIE

Nous verrons, S'il répond à mes voeux, ce que nous en ferons.

8AINT-AHANT, à Dorume.

Vous pouvez deviner ce qu'elle en voudra foire.

DORAMB.

Ehl c'est un jeu.

SAINT-AMANT

Quel jeu!

JULIE

Voilà tout le mystère.' Pour voir de ces amants le cœur à découvert, Je leur viens d'inspirer exprès le jeu du vert : C'est dans ce dessein même, et pour le voir éelore,

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