‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 609 sur 723 · IN · texte numérisé non relu

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Telles étaient jadis ces illustres bergères

Qne le Lignon tenait si chères ; Tels étaient ces bergers qui , le long de ses eaux ,

Menaient leurs paisibles troupeaux , Et passaient dans les jeux leurs plus belles années.

Parmi ces troupes fortunées , Les plaisirs de campagne et les plaisirs de cour

Trouvaient leur place tour à tour.

Gomme eux, tantôt on nous voit sur Therbette Marquer nos pas au son de la musette,

Cueillir et présenter les fleurs ,

En y mêlant quelques douceura ;

Tantôt aux bords de nos fontaines Nous chantons de Tamour les plaisirs et les peines ; Et le divm Tircis mêle aussi quelquefois Son téorbe divin aux accents de nos voix. Parfois à sa bergère on donne sérénade;

Avec elle on fait mascarade ,

On danse môme des ballets.

On ftdl des vers galants, on en fait des follets. Nous lisons de Renaud les douces aventures ,

Et les magiques impostures

De la belle qui Tenchanta ;

Tout ce que le Tasse chanta , Et mille autres récits que la galanterie Semble avoir inventés pour notre bergerie. Nous vous dirons aussi que nos brillants gnérets

Et nos sombres forêts Nous fournissent parfois de quoi faire grand*chère ;

Mais cela paraîtrait vulgaire , Et Ton dirait qu^en discours de berger On ne parle jamais de boire et de manger. Ainsi passe le temps , sans tracas , sans cabale •

Gens d'une humeur assez égale ;

Voilà nos douces libertés ; . Qu^ont de mieux vos sociétés ?

* Grosley a pntdié ces ven dans les Étrennes d* Apollon, eu nom apprenant que ia Fontaine les fit an château des Cours, près de Troyes , où il allait souvent passer l'automne chei Rémoiid de Cours, Irère do fermier général.

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