‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 618 sur 723 · A MA.DAME FOUQUET · texte numérisé non relu

A MA.DAME FOUQUET

jviLLR taso.

Comme je vois monseigneur votre époux Moins de loisir qu^homme qui soit en France , Au lieu de lui , puis-je payer à vous? Serait-ce assez d'avoir votre quittance?

Oui, je le crois : rien ne tient en balance Sur ce point-là mon esprit soucieux.

Je voudnus bien faire un don précieux : liais si mes vers ont Thonneur de vous plaire , Sur ce papier promenez vos beaux yeux.

En poissiez-vous dans cent ans autant faire I

Je viens de Vaux*, sachant bien que sur tons Les Muses font en ce lieu résidence ; Si' leur ai dit , en ployant les genoux : Mes vers voudraient foire la révérence A deux soleils de votre connaissance ,

* PromptflDMot, rapidement.

* Fooquet , procureur général au parlement . an nom de qui lannart, ion substitut , faisait les poursuites.

* L'envoie en prison.

* Les augustins qui ont résisté an parlement seront par loi 5tf«MiamtMU aux galères, et serviront ainsi le roi sur met, tandis que leurs fttres le serviront sur terre. Cet envoi prouve que b ballade fut composée après le siège livré au couvent , mali avant la délivrance des moines délinquants , et retenus en prison pour avoir bit résistance. Dans les manuscrits de Tallemant des Beaux , on Ut en marge de l'envoi i « Furetitre disait qu'il fl les fallait tous mettre dans une galère, et l'appeler la galèn • des augustins. »

* Cest-Vdire le premier terme de la penslonqne la Fonlaino s'était engagé à acquitter chaque Cois par une pièce de veni Vojei l'Histoire de ta vie et des ouvrages de la FcmUilnê . troisième édition, fS24. p. 4S.

* Ce mot est en biano dans i'édiUon oi^gimle, de mène que rode sur la pals.

* Oui. leur ai-je dit.

Qui sont (dus beaux , plus clairs , plus radieux Que celui-là qui loge dans les deux; Partant , vpiis fout agir dans cette affoire, Non par acquit , mais de tout votre mieux. En puissiez-vous dans cent ans autant faire I

L'une des neuf m'a dit d'un ton fort doux ( Et c'est Clio , j'en ai quelque croyance ) : Espérez bien de ces yeux et de nous.

J'ai cru la Muse ; et sur cette assurance J'ai fait ces vers , tout rempli d'espérance. Commandez donc en termes gracieux Que , sans tarder , d'un soin officieux , Celui des Ris qu'avez pour secrétaire M'en expédie un acquit glorieux.

En puissiez-vous dans cent ans autant foire !

ENVOI

Reine des cœurs , objet délicieux , Que suitl'enfont qu'on adore en des lieux Nommés Papbos , Amathonte , et Cythère , Vous qui diarmez les hommes et les dieux , En puissiez-vous dans cent ans autant faire t

QUITTANCE PUBUQUE

POUB LÀ BAIXJLDE PRéCÉDEMTE, PAB PELLISSON'.

JVILLIT 1659.

Par-devant moi y sur Parnasse notaire , Se présenta la reine des beautés , Et des vertus le parfoit exemplaire , Qui lut ces vers , puis, les ayant comptés , Pesés , revus , approuvés , et vantés , Pour le passé voulut s'en satisfaire ', Se réservant le tribut ordinaire Pour l'avenir , aux termes arrêtés.

Muses de Vaux , et vous leur secrétaire , Voilà l'acquit tel que vous souhaitez : En puissiez-vous en cent ans autant faire t

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