‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 620 sur 723 · A M. FOUQUET · texte numérisé non relu

A M. FOUQUET

OCTOBBI i659«

Trois fois dix vers , et pnis cinq d^ajeatés , Sans point d'abas , c'est ma tâche complète ; Mais le mal est qu'ils ne sont pas comptés. Par quelque bout il font que je m'y mette. Puis y que jamais ballade je promette ! Dussé-je entrer au fin fond d'une tour , Nenni , ma foi , car je suis déjà court ; Si que je crains que n'ayez rien du nôtre. Quand il s'agit de mettre un œuvre au jour, Promettre est un , et tenir est un autre.

Sur ce refrain , de grâce , permettez Que je TOUS conte en vers une sornette. Colin , venant des universités , Promit un jour cent francs à Guillemette. De quatre-vingts il trompa la fillette , Qui , de dépit , lui dit pour faire court : Vous y viendrez cuire dans notre four 1 Colin répond , foisaot le bon apôtre :

Ne vous fâchez , belle , car , en amour , Promettre est uq , et tenir est un autre.

Sans y penser j'ai vingt vers ajustés , Et la besogne est plus d'à demi foite. Cherchons-en treize encor de tous côtés , Puis ma ballade est entière et parfaite. Pour foire tant que Tayez toute nette , Je suis en eau , tant que j'ai l'esprit lourd ; Et n'ai rien foit si , pj^r quelque bon tour y Je ne fobrique encore un vers en ôtre ; Car vous pourriez me dire â votre tour : Promettre est un , et tenir est un autre.

ENVOI

O vous , l'honneur de ce mortel séjour , Ce n'est pas d'hui * que ce proverbe court ;

* On me donna, poar iqjeC delà ballade dn leoond terme , Vimitation du rondeaa de Vcilure t Ma foi, c'est faiL

(AUtfill» la f^MiokM.) n D'andottrd'boi.

On ne Ta foit de mon temps ni dn vôtre: Trop bien savez qu'en langage de coor Promettre est on I et tenir est on antra.

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