‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 85 sur 723 · IV. LE MARI CONFESSEUR · texte numérisé non relu

IV. LE MARI CONFESSEUR

CONTB TIRÉ DBS CENT NOUVELLES NOUVELLES.

Messire Artus , sous le grand roi François ,

Alla servir aux guerres d'Italie;

Tant qu'il se vit, après maints beaux exploits,

Fait chevalier en grand' cérémonie.

Son général lui chaussa Téperon ;

Dont il croyait que le plus liaul baron

Ne lui dût plus contester le passage.

Si ' s'en revint tout fier en son village ,

Où ne surprit sa femme en oraison.

Seule il l'avait laissée à la maison ;

Il la retrouve en bonne compagnie ,

Dansant , sautant , menant joyeuse vie ,

Et des muguets avec elle à foison.

Messire Artus ne prit goût à Taffeirc ; En ruminant sur ce qu'il devait faire : Depuis que j'ai mon village quitté , Si j'étais crii , dit-il , en dignité De cocuage et de chevalerie ?

C'est moitié trop : sachons la vérité.

Pour ce s'avbe , un jour de confrérie , De se vêtir en prêtre, et confesser.

Sa femme vient à ses pieds se placer.

De prime abord sont par la bonne dame Expédiés tous les péchés menus ; Puis , à leur tour les gros étant venus , Force lui fut qu'elle changeât de gamme. Père , dit-elle , en mon lit sont reçus Un gentilhomme , un chevalier, un prêtre. Si le mari ne se fût fait connaître , Elle en allait enfiler beaucoup plus ; Courte n'était , pour sûr , la kyrielle. Son mari donc l'interrompt là-dessos , Dont bien lui prit. Ah I dit-il , Jnfidèle ! Un prêtre mêmel A qui crois-tu parler?

A mon mari , dit la Êiusse femelle ,

* Si lignifie ici 1/ ou ainsi . comme dans ce paange du roic^ de Tristan , en ancien langage : f Qaant Tristan ae sentit narré, si eut paour ds mort. »

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