IV. LE MARI CONFESSEUR
CONTB TIRÉ DBS CENT NOUVELLES NOUVELLES.
Messire Artus , sous le grand roi François ,
Alla servir aux guerres d'Italie;
Tant qu'il se vit, après maints beaux exploits,
Fait chevalier en grand' cérémonie.
Son général lui chaussa Téperon ;
Dont il croyait que le plus liaul baron
Ne lui dût plus contester le passage.
Si ' s'en revint tout fier en son village ,
Où ne surprit sa femme en oraison.
Seule il l'avait laissée à la maison ;
Il la retrouve en bonne compagnie ,
Dansant , sautant , menant joyeuse vie ,
Et des muguets avec elle à foison.
Messire Artus ne prit goût à Taffeirc ; En ruminant sur ce qu'il devait faire : Depuis que j'ai mon village quitté , Si j'étais crii , dit-il , en dignité De cocuage et de chevalerie ?
C'est moitié trop : sachons la vérité.
Pour ce s'avbe , un jour de confrérie , De se vêtir en prêtre, et confesser.
Sa femme vient à ses pieds se placer.
De prime abord sont par la bonne dame Expédiés tous les péchés menus ; Puis , à leur tour les gros étant venus , Force lui fut qu'elle changeât de gamme. Père , dit-elle , en mon lit sont reçus Un gentilhomme , un chevalier, un prêtre. Si le mari ne se fût fait connaître , Elle en allait enfiler beaucoup plus ; Courte n'était , pour sûr , la kyrielle. Son mari donc l'interrompt là-dessos , Dont bien lui prit. Ah I dit-il , Jnfidèle ! Un prêtre mêmel A qui crois-tu parler?
A mon mari , dit la Êiusse femelle ,
* Si lignifie ici 1/ ou ainsi . comme dans ce paange du roic^ de Tristan , en ancien langage : f Qaant Tristan ae sentit narré, si eut paour ds mort. »