‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 87 sur 723 · V. LE SAVETIER · texte numérisé non relu

V. LE SAVETIER

Ud savetier, que nous nommerons Biaise , Prit belle femme , et fut ti^avi:ié.

Les bMmes gens , qui n'étaient à leur aise , S*en vont prier un marcliand peu rusé Qu'il leur prêtât, dessous bonne promesse , Hi-fbDîd de grain ; ce que le marchand fait. Le tenne édiu , ce créancier les presse , Dieu sait pourquoi : le galant , en eflet , CfQt que par là baiserait la commère.

Vous avez trop de quoi me satisfaire , Ce lui dit-il , et sans débourser rien : Acoordez-moî ce que vous savez bien.

Je soDgend , répcmd-elle , à la chose : Puis vient trouver Biaise tout aussitôt , L'avertissant de ce qu'on lui propose.

Biaise lui dit : Parbleu! femme, il nous faut , Sans coup férir, rattraper notre somme.

Tout de œ pas allez dire à cet homme Qu'il peut venir, et que je n'y suis point. Je veux id me cacher tout à point.

Avant le coiq> demandez la cédule ; De la donner je ne crois qu*il recule ; Puis tousserez , afm de m'avertir, Hab haut et clair, et plutôt deux fois qu*une. Lors de mon coin vous me verrez sortir looontinent , de crainte de fortune.

Ainsi fut dit , ainsi s'exécuta ; Dont le mari puis après se vanta ; Si * que chacun glosait sur ce mystère. Uieoi eût valu tousser après l'affaire.

Dit à la belle un des plus gros bourgeois ; Vous eussiez eu votre compte tous trois. N'y manquez plus, sauf après de se taire. Hais qu'en est-il , or çà , belle , entre nous ? Elle répond: Ah! monsieur, croyez-vous Que nous ayons tant d'esprit que vos dames ?

* Umat su ayait, du temps de la Fontaine, nnedouble signitaioo, et était quelquefois le synonyme de co4U. Voyez la renaqoe'de U. BoisMmaile dans notre édiUon des poésies de RamiMMiBetct de Mancroix* iihS». 1S25. p. S6f .

*Te1leiiieiiL

Notez qu'illec ', avec deux autres femmes, - Du gros bourgeois l'épouse était aussi.

Je pense bien , continua la belle , Qu'en pareil cas madame en use ainsi:

Mais quoi I chacun n'est pas si sage qu'elle.

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