AMAN, HYDASPE
AMAN
li É quoi ! lorsque le jour ne commence qu'à luire , Dans ce lieu redoutable oses-tu m introduire?
HYD\SPE.
Vous savez qu'on s'en pf^ut rrposer sur ma foi ; Que ces portes, seigneur, n'obéissent qu'à moi. * Venez. Partout ailleurs on pourrait nous entendre.
* Que ces portes , Seigneur ^ n'obéissent qu à moi.
Ce vers admirable est parfaitement dans le slyle oriental. Les portes jouent un grand rôle dans l'Orienl , ou il est si diifiriie d'approcher de celles qui renferment les rois et les grands. De plus, chez les Juifs les juges rend;iienl la j'ist'ce Tiwxpc^tes des villes : c'est ce qui fait que cette phrose les porfi'S Je la Jtllc de Sion , de Jérusolcm ^ revient si souvent dons l'Fcriture. Mais celle des, portes qui rCobéissent çu^à un seul homme , n'est qu'au poè'te qui l'a trouvée.
Quel est Jonc le secret que lu me veux apprendre ?
HYDASPE
Seigneur , de vos bienfaits mille fois honoré , Je me souviens toujours que je vous ai juré D'exposer à vos v*^ux , par des avis sincères , Tout ce que ce palais renferme de mystères. Le roi d'un noir chagrin parait enveloppé ; Quelque songe effrayant cette nuit l'a frappé. Pendant que tout gardait un silence paisible , Sa voix s'est fait entendre avec un cri terrible. J'ai couni. Le dé.ordre était dans ses discours ; îl s'est plaint d'un péril qui menaçait ses jours ; 11 parlait d ennemi , de ravisseur farouche ; Même le nom d'Esther est sorli de sa bouche. Il a dans ces horreurs passé toute la nuit. Enfin , las d'appeler un sommeil qui le fuit , ■ Pour écarter de lui ces images funèbres, îl s'est fiiit apporter ces annales célèbres Où les faits de son règne , avec soin amassés , Par de fidèles mains cliaque jour sont tracés.
' Enfin , las d^ appeler un sommeil qui le fuit ^ etc.
Il faudrait pour l'exactitude , un sommeil gui le fuyait. L. B. *
* Qui le/ui/ Ttndi la chose bien plus présente , et la vivacité vaut bien mieux que cet excès d'exactitude : c'est un des privile'ges de la narration.