ACTE IV, SCÈNE I. Io
J"ai reconnu le fer , instrument de sa rage ,
Ce fer dont je l'armai pour un plus noble usage.
Tout les liens du sang n'ont pu le retenir !
Et Phèdre différait à le faire punir !
Le silence de Phèdre e'pargnait le coupable !
Phèdre épargnait toujovirs un père déplorable. ' Honteuse du dessein d\m amant furieux , Et du feu criminel qu il a pris dans ses yeux , Phèdre mourait, seigneur, et sa main meurtrière Eteignait de ses yeux l'innocente lumière. J'ai vu lever le bras, j'ai couru la sauver. Moi seule à votre amour j'ai su la conserver; Et , plaignant à la fois son trouble et vos alarmes , J'ai servi malgré moi d'interprète à ses larmes.
THÉSÉE
Le perfide ! 11 n'a pu s'empêcher de pâlir :
De crainte , en m'abordant , je l'ai vu tressaillir.
Je me suis étonné de son peu d'allégresse ;
Ses froids embrassemens ont glacé ma tendresse.
Mais ce coupable amour dont il est dévoré ,
Dans Athènes déjà s'était-il déclaré?
' Phèdre épargnait toujours un père déplorable. Dans l'édition de 1G77 , ce vers se lit ainsi :
« Phèdre épargnait plutôt un père déplorable. » L. B.
lo6 PHÈDRE,
ŒNONE
Seigneur, souvenez- vous des plaintes de la reine. Un aojour criminel causa' toute sa haine.
THÉSÉE
Et ce feu dans Trézène a donc recommencé ?
, Je vous ai dit , seigneur , tout ce qui s'est passé.
{en voyant Hippolyte.') C'est trop laisser la reine à sa douleur mortelle ; ' Souffrez que je vous quitte , et me range auprès d'elle.