ACTE V, SCÈNE î. l
Le roi vient. Fuyez, prince, et partez promptement. Pour cacher mon ,tlépart je demeure un moment. Allez ; et laissez-moi quelque fidèle guide Qui conduise vers vous ma démarche timide. **
de venir entendre sa justification dans ce temple où l'on n'osait jurer en vain. Il est vrai que Thésée n'aurait pu clouter alors de l'innocence de ce jeune prince; mais il eût eu une preuve trop convaincante contre la vertu de Phèdre , et c'est ce qu'IIippo— Ivte ne voulait pas faire. M- de la Motte aurait dû se défier un peu de son goût en soupçonnant celui de Racine , qui semble avoir pre'venif son objection. En effet , Racine suppose que Thése'e est si prévenu contre Hippolyte , qu'il ne veut pas même l'admettre à se justifier par serment. L. B. *
* Cette remarque est de Racine le fils , mais le commentateur observe fort à propos que la Motte aurait dû se défier de son goût en soupçonnant celai de Racine.
** Qui conduise vers vous ma démarche timide.
Il est visible que ma démarche est ici pour mes pas ; mais peut-il en prendre la place , et dit-on bien , eu ce sens , conduire une démarche? yen doute d'autant plus, qu'au figuré cette même phrase conduire une démarche , signifie diriger des mesures. Cependant ce vers a de la douceur, de la grâce et du nombre, et l'on ne peut être trop circonspect à condamner un vers de Racine.
l34 PHÈDRE,