‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 159 sur 264 · ACTE I, SCENE VI. û · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VI. û

Fais porter cette lettre à la poste du Maine : Prends-moi dans mon clapier trois lapins de garenne , Et chez mon procureur porte-les ce matin.

Si son clerc vient céans , fais-lui goûter mon vin. Ah ! donne-lui ce sac qui pend à ma fenêtre.

Est-ce tout ? Il viendra me demander peut-être Un grand homme sec , là , qui me sert de témoin , Et qui juré pour moi lorsque j^en ai besoin 3 Qu'il m'attende. Je crains que mon juge ne sorte. Quatre heures vont sonner. Mais frappons à sa porte.

PETIT JEAN, cntr'ouvrant la porie.

Qtu va là?

CHICANEAU

Peut-on voir Monsieur ?

PETIT JEAN, fermant la porte.

Non.

CHIC ANEAU j frappant à la porte.

Pourroit-on Dire un mot à monsieur «on secrétaire ?

' PETIT JEAN, fermant la porte.

Non.

CHICANEAU , frappant à la porte:

Et monsieur son portier ?

C'est moi-même.

CHICANEAU

De grâce , Buvez à ma santé , Monsieur.

a56 LES PLAIDEURS.

PETIT 7£AK, prenant l'argent

( fermant la porte.) Grand bien VOUS fesse !

Mais revenez demain.

CHICANEAU

Hé ! rendez donc Fargent.

Le monde est devenu sans mentir bien méchant. J^ai vu que les procès ne donnoient point de peine j Six écus en ga^oient une demi-douzaine.

Mais aujourd'hui , je crois que tout mon bien entier Ne me suflBroit pas pour gagner un portier.

Mais j^aperçois venir madame la comtesse De Pimbesche. Elle vient pour affaire qui presse.'

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