LÉANDRE, L'INTIMÉ
L'INTIMÉ
JXlONSiEUR, encore un coup , je ne puis pas tout faire ; Puisque je fais l'huissier , faites le commissaire. En robe , sur mes pas , il ne faut que venir ; Vous aurez tout nloyen de vous entretenir.
Changez en cheveux noirs votre perruque blonde. Ces plaideurs songent-ils que vous soyez au monde ? Hé ! lorsqu^à votre père ils vont faire leur cour , A peine seulement savez-vous s'il est jour.
Mais n'admirez- vous pas cette bonne comtesse Qu'avec tant de bonheur la fortune m'adresse j Qui , dès qu'elle me voit , donnant dans le panneau , Me charge d'un exploit pour monsieur Chicaneau , Et le fait assigner pour certaine parole , Disant qu'il la voudroit faire passer pour folle , Je dis folle à lier , et pour d'autres excès Et blasphèmes , toujours l'ornement des procès? Mais vous ne dites rien de tout mon équipage ? Ai-je bien d'un sergent le port et le visage ?
liÉANDRE.
Ah ! fort bien !
Je ne sais , mais je me sens enfin L'ame et le dos six fois plus durs que ce matin. Quoi qu^il en soit , voici l'exploit et votre lettre ; Isabelle l'aura , j'ose vous le promettre.
Mais pour faire signer le contrat que voici , Il faut que sur mes pas vous vous rendiez ici. Vous feirldrez d'informer sur toute cette affaire , Et vous ferez l'amour en présence du père.
liÉANDKE.
Mais ne va pas donner l'exploit pour le billet*
li'INTiMÉ.
Le père aura l'exploit , la fille le poulet.
Rentrez.
(L*Intimé va frapper à la porte d'Isabelle.)