‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 217 sur 264 · ACTE II , SCENE IIL 55i · texte numérisé non relu

ACTE II , SCENE IIL 55i

NÉRON

Et ce sont ces plaisirs et ces pleufs que j'envie, Que tout autre que lui me paieroit de sa vie. Ma^ je garde à ce prince un traitement plus doux. Madiime, il va bientôt paroître devant vous.

JUNIE

Ah Seigneur ! vos Vertus^ m^ont' toujours rassurée.

NÉnoN.

Je poùvois de ces lieux lui défendre Fentrée ;

Mais , Madame , je veux pifévenir le danger

Où son ressentiment le pouroit rengager.

Je ne veux point le perdre ; il Vaut mieux que lui-même

Entende son arrêt de la bouche qu'il îdnle.

Stï ses jours vous sont chers , éloignez-le de vous

Sans qu'il ait aucun lieu de me croire jaloux.

De son bannissement prenez sur vous TofiFense j

Et , soit par. vos discours , soit par votre silence ,

Du moins par vos froideurs , faites-lui concevoir

Qu'il doit porter ailleurs ses vœux et son espoir.

JUN'IE.';'

Moi ! que je lui ptononce uû ôdcrêt si sévère I Ma bouche mille fois lui jura le contraire.

Quand même jusques-là je pouïTOis me trahir , Mes yeux lui défendront \ Seigneur , de m'obéir.

• '- ' ■ NÉRON. ■ *

Caché près de ces lieux, je vous verrai , Madame. Renfermez votre amour dans le fond de votre ame : ^ Tous n'aurez point pour moi de langages secrets j J'entendrai dear regards que* voua, croirez muets j

55a BRITANNICUS.

Et sa perte sera Tinfaillible salaire

D'un geste ou d'un soupir échappé pour lui plaire,

JUNIE

Hélas ! si j'ose enoor former quelques souhaits , Seigneur ^ permettez-moi de ne le voir jamais.

SeÈNE IV.

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