‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 248 sur 264 · AGRIPPINE , BRITANNICUS , JUNIE · texte numérisé non relu

AGRIPPINE , BRITANNICUS , JUNIE

AGB.IFFINE.

Prince, que tardez-Yôus? Partez en diligence. Néron impatient se plaint de votre absence.

La joie et le plaisir de tous les conviés Attend , pour éclater , que vous vt)us embrassi^:. Ne fûtes point languir une si juste envie y ' Allez. Et nous, Madame, allons chez Ôctavié.

Allez , telle Junié , et , d'un esprit content , Hâtez-vous d'embrasser ma sœur qui voiis. attend. Dès que je le pourrai , je reviens sur vos traces , Madame , et de vos soins i^irài vous rendre gracefir.

• •-:^ ■■-■scène; iiï. ■■•'

AGRlPPINi;, JUNIE.

AGRIPPINE

Madame, ou je me trompe, ou durant vos- adieux. Quelques pleurs répandm ont obscurci vos yeux. Puis-jè* savoir quel trouble a formé ce nuage? Doutez-vous d'une paix dont je fais mon ouvrage.

Après tous les ennuis que ce jour m'a coûtés, Ai-je pu rassurer mes esprits agités?

Hélas ! à peine ebicor je conçois ce miracle.

ACn: V, SCENE III. .'îg^:

Qtliandiïiêmeàvos bontés jecraindroîsquèlqueofestacle, Le changement , Madame, est commmi à la cpiir ; ' £t toujours quelque crainte accompagne Taiâôur/

AGRIPPINR

Il sufiBt; j'ai parlé, tout a changé de face.

Mes soins à vos ^oùpç^ns- ne^làis^nt point de place.

Je réponds d'une paix jurée entre mes mains ;

Néron m'en a donné des gages'tlx)p cértain's.

Ah ! si vous aviez vu par combien de caresses

Il m'a renouvelé la foi de ses promesses !

Par quels émbtassemehts il vient de m'ai^rêtér !

Ses bras, dans nos adieux , he^pou voient me quitter.

Sa facile. bcbté, mir Bon fixmt répandue, , »t : • -

Jusqu'aux moindres secrets est d'abord descendue.

Il s'épanchoit en fils qui vient en liberté , *

Pans le sein de sa mère oublier sa fierté.

Mais bientôt reprenant un yisag)d sévère ,

Tel que d'un empereur qui consulte sa mère,

Sa confidenoe auguste a mis entre mes mains

Des secrets d'où dépend le destin des humaiitô.'. •;

Non , il le faut ici confesser À sa gloire ,

Son cœur n'enferme point tWie^.WftUce noire;

Et nos seuls ennemis, altérant sa.bonté ^ : ..; : i

Abusoient contre nous de sa facilité.

Mais enfin à son tour leur puissance décline ;

Rome , encore une fois , va cçnnpître Agrippïne :

Déjà de ma faveur on adore le'brtiit.

Cependant, en ceslieux , n'attendons pas la nuit :

Passons chez Octâvie , et donnon$4ui le resté

5^6 BRITANNICtS.:;

I^uji )pur autant heureux que je Fai^bnjL foileste/ Mais qu'est-ce que fentpçids? Quel tumulte coiifus? Quepeatronfidre?^ . . ! ..:j .

JIJNIE.

O. ciel , sauvez Brit^gainicus f

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