‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 250 sur 264 · ACTE V, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE V

Je li'y pourrai survivre, Madame ; il feut quitter là cour et Fempereur.

ÂGRIPJ?INE.

Quoi ! du sang de son frère il n^a point eu d'horreur I

BURRHUS

Ce dessein s'est conduit avec plus de mystère.

A peine Tempereur a vu veni^* son frère,

11 se lève , il Tembrasse , on se tait ; et soudain

César prend lé pi;emier une coupe à la main :

ce Pour achever ce jour soùs de meilleurs auspices ,

<c Ma main de cette coupe épanche les prémices ,

« Dit-il : Dieux , que f appelle à cette effusion ,

ce Venez favoriser notre réunion ».

Par les mêmes serments Britannicus se lie.

Là coupe , daris ses mains , par Narcisse est remplie :

Mais ses lèvres à peine en ont touché les bords ,

Le fer ne produit point de si puissants ^orts^

Madame ; la lumière à ses yeux est ravie ,

Il tombe sur spri lit sçins chaleur et sans vie.

Jugez combien ce coup i^appe tous les esprits :

La moitié s'épouvante et sort avec des cris j

Mais ceux qui de la cour ont un plus long usage ^

Sur les yeux de César composent , leur visage.

Cependant sur son lit il demeure penché ,

D'aucun étonnement il ne paroît touché :

<c'Ce mal dont vous craignez, dit-il, la violence,

<c A souvent, sans péril, attaqué 3on enfance ».

JXarcissé veut en vain affecter quelque ennui ,

SgS BRITANNICUS.

Et sa perfide joie éclate malgré lui.

Pour moi, dût Tempereur punir ma hardiesse.

D'une odieuse cour j'ai traversé la presse ; Et j'allois ) accablé de cet assassinat , Pleurer Britannicùs , César et tout l'état.

AGRIFFINE.

Le voici. Vous verrez si c'est moi qui Finspire.

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