‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 55 sur 264 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Dites , saiiià ratccusér de chercher un esclave ,

Que de ses emiémis il vousibroït le plus brai^^e •

Et qu'en vous arrachant les ariîies de la mâiin ,

Il se promet du reste un triôtnphe certain .

Son choix à votre nom nlmprimë point de taches j

Son amitié n'est point le partage des lâches :

Quoiqu'il brûle de voir tout l'univers soumis ,

On ne voit point d'esclave a:u rang de ses amis.

Ah ! si son amitié peut souiller votre gloire ,

Que ne m'épargnez-vous une tache si noire !

Vous connoissez les soins qu'il me rend tous les jours j

Il ne tenoit qu'à vous d'en arrêter le cours.

Vous me voyez ici maîtresse de son ame :

Cent messages secrets m'assurent de sa flamme :

Pour venir jusqu'à moi , ses soupirs embrasés '

Se font jour au travers de deux camps opposés. •

Au lieu dé le haïr , au lieu de m'y contraindre ,

De mon trop de rigueur je vous ai vu vous plaindre ;

Vous m'avez engagée à soufiFrir son amour ,

Et peut-être , mon frère , à l'aimer à mon tour.

TAXIX.E.

Vous pouvez , sans rougir du pouvoir de vos charmes,

Forcer ce grand guerrier à vous rendre les armes;;'

Et , sans que votre cœur doive s'en alarmer ,

Le vainqueur de l'Euphrate a pu vous désarmer: .

Mais l'état aujourd'hui suivra ma destinée :

Je tiens avec mon sort sa fortune enchaînée :

Et , quoique vos conseils tâchent de me fléchir ^

88 ALEXANDRE

Je dois demeurer libre afin de l^aflEranchir. Je sais l'inquiétude où ce dessein vous livre ; Mais comme vous , ma sœur , j^ai mon amour à cuivre* Les beaux yeux d^Axiane , ennemis de la paix , Contre votre Alexandre arment tous leurs attraits : Reine de tous les cœurs , elle met tout en armes Pour cette liberté que détruisent ses charmes ; Elle rougit des fers qu'on apporte en ces lieux , Et n'y sauroit souflErir de tyran que ses yeux. 11 faut servir , ma sœur ^ son illustre colère j Il faut aller....

CliÉOFIIiE.

Hé bien ! perdez-vous pour lui plaire j De ces tyrans si chers suivez l'arrêt fatal ; Servez-les , ou plutôt servez votre rival.

De vos propres lauriers souffrez qu'on le couronne : Combattez pour Porus , Axiane l'ordonne j Et , par de beaux exploits appuyant sa rigueur y Assurez à Porus l'empire de son cœur.

TAXIIiE.

Ah , ma sœur ! croyez-vous que Porus. . . .

CLÉOFIIiE.

Mais vous-même

Doutez-vous en effet qu' Axiane ne l'aime ?

Quoi , ne voyez-vous pas avec quelle chaleur L^ingrate , à vos yeux même , étale sa valeur ! Quelque brave qu'on soit , si nous la voulons croire , Ce n'est qu'autour de lui que vole la victoire j Vous formeriez sans lui d'inutiles desseins j

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