‹ Œuvres complètes de John HunterChapitre 38 sur 88 · XI · texte numérisé non relu

XI

374 DE LA GONORRHâS.

tracter de nouveau le mode d'action le plus ordinaire, que ies deux modes

d*action à la fois. Il est possible, cependant, que dans les cas qui nous

occupent llaction syphilitique soit seulement suspendue, comme cela a lieu

pendant Tespace de temps qui sépare Tinfectioa de la manifestation de la

maladie.

Chez les femmes, la récidive des symptômes, et principalement de Técoulement , est plus fréquente que chez les hommes. L'écoulement gonorrhéique étant semblable à celui qu'on désigne sous le nom' de flueurs blanches, il est souvent pris pour ce dernier, et il n'attire point Tattoi* tfon, bien qu'il soit peut-être aussi virulent que les écoulements du canal de l'urètre chez l'homme.

On n'a point encore établi la ligne de démarcation entre la gonorrhée et la blennorrhée ou le suintement habituel. En effet, la cessation de l'inflammation et de la douleur, et la modification de la matière de l'écoulement, ne sont point des preuves de la destruction du virus. La persistance de l'inflammation n'est pas plus nécessaire pour la production du poison spécifique que pour celle de la blennorrhée. C'est ce qui résulte des deux observations qui ont été rapportées plus haut (p. 302 et p. 203).

La^ première de ces observations démontre que l'inflammation n'est point nécessaire à l'existence du /M>{son vénérien; tandis que, au contraire, rinflammation peut exister apr^ que le pus sécrété a cessé d'être sjrphîlitique. J'ai vu des cas où l'inflammation et l'écoulement ont persisté pendant une année, même avec une grande intensité, et où pourtant des relations sans réserve avec les femmes qui en étaient atteintes ne faisaient point contracter la maladie. Toutefois, ce résultat n'est point une preuve absolue qu'il n'existait plus de virus dans la matière de l'écoulement (*).

(*) Im distinctioii quo Hanter Tcnt établir entre U gonorrhée et la blennorrhée eat loin d*étre admise de la même manière par tona les syphilographes.

Ainsi qu'on a pu le voir. Hanter, qni croit la gonorrhée viralente, pense que U principale différence , à part la moindre intensité des symptômes , tient à l'absence complète du virus dans la blenoorrhée proprement dite ; mais les raisons qu'il donne sont loin de le convaincre lui-même de la justesse de cette distinction. La possibilité de transmettre la maladie , ou le défaut de contagion , ne saurait conduire à une cou* elusion absolue dans ce sens.

La blennorrhée est à la blennorrhagîe ou à la gonorrhée, ce que l'état chronique est k l'état aign, dans les inflammations en général. Il n'y a pas plus de cause virulents en action dans un cas que dans l'autre , mais seulement des diflerences d'intensité dans l'état morbide , d'où résultent des différences dans les symptômes, et, en particulier, dans la sécrétion, plus ou moins purulente dans l'état aigu, plus ou moins muqueuse dans l'état chronique.

£a ramenant ainsi la blennorrhagîe aux conditions générales des autres inflammations catarrhales, on s'explique , sans besoin d'hypothèses, les recrudescences faciles, les interruptions plus ou moins longues, les récidives et les nouvelles affections. On trouve, sans la nécessité de la présence on de l'absence du virus, la raison des qualités conUgieuses ou de l'innocuité des sécrétions morbides. Et, tandis qu'on sort, avec l'opinion rationneUe de Bell , de l'incertitude dans laqneUe Hunter nous laisse ici, on arrive à conclure, d'une manière certaine, qne plus la sécrétion est pnm«

DE LA GONOERHÉE. 376

jente, et pins alort, en ▼ertn de tes qnalités irritantes, elle peut agir comme canse de contagiofl , restant an contraire tans effet, quand elle passe à Tctat mnqnenx. On comprend facilement qa*an éconlement devenn inoffensif , dans ces dernières conditions , paisse, en repassant à Télat ai^u, derenir de nourcan transmissîMe , et se rendre compte des obsenrations qne Hunter fait de rains efforts ponr expliquer , ainsi que de Topinion , par trop réservée , de Wathely , qui croit les écoolements parement mn* qneox encore contagienx. P. Bicobd.

ini Ibt hA GOK0RRUEÉ:.

Page 1