‹ Œuvres complètes de L. SterneChapitre 48 sur 92 · T0T4GC · texte numérisé non relu

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Il me révéla sa passion \ioxir cette ]rune per* sonne qui avait , disail-il , fait tant d^inipres-» sion sur son cœur^ que le temps m Pabsence ne pourraient en eûkcer son inia^e cbérie. l\ entretenait avec elle une corres[)Oudance très^' suivie. Les lettres de la demoiselle semblaient respirer le retour le plus tendre* 11 me consulta sur ce qu'il devait faire , et je lui donnai les conseils que je jugeai les meilleurs : je ne pré* tendis pas le guérir de son amour : sa maîtresse, à. l'entendre, était belle comine Vénus ; et si Ton peut se prendre de passion d'après un por^ trait peint par un admirateur aussi brûlant ^ celui qu'il m'en faisait, était bien propre a en^ citer toutes les émotions de la tendresse. J'ap^ plaudis donc à son choix; et comme nous pensions^ absolument l'un comme l'autre ^ que la fortune et la grandeur ne pou vaicnl rien, quand elles se trouvent en. opposition avec le bou^ lieur , nous regardions comme le plus grand de tous les maux la tyrannie des parens qui for^^ cent leurs enfans à se marier contre leur incli« nation.

Sur ces entrefaites y je reçus une lettre d^ mon père qui me rappelait dans mon pays. Comme son ordre était très-positif, et n'était accompagné d'aucune raison ^ je craignais que

quelques unes de mes petites galanteries (car c'est un mal auquel il est impossible d'échapper dans un pays comme Paris ) ne fussent parve* nues à sa connaissance y je me disposai donc à partir, et fis tristement axc^ préparatifs. Moh chagrin nV'lait que trop bien fondé. Les dernier» fonds qu^ôn m'avait fait passer devaient me durer trois mois : le premier à peine fini , je n'avais plus rien. Il m'était impossible de voyager sans argent ; mais mon généreux ami me prévint dans cette occasion. H m'offrit une petite boîte qu'il riie pria dé garder pour Ta mour dé lui. L'ayant ouverte , j'y trouvai une lettre de cliange.à vue sut un banquier, la somme était plus que su Gisante pour mes frais de route,

' Comme il ne Idis^it jamfiis échapper l'occasioh d'écrire k sa chère Angélique , je lui demandai une lettre pour elle : car elle demeurait datis le voisinage' de mon jp(ère. Je me char^ .geai aussi d« lui porter le portrait de son ama nt, peint par un artiste des plus'célèbres de Pari^ et garni d'un riche ebtouragé de brillans : elk devait le porter en bracelet.

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