‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 112 sur 333 · DE FER · texte numérisé non relu

DE FER

|c Pot de fer proposa

Au Pot de terre un voyage.

[Celuy-cy s'en excusa ;

.Disant qu'il feroit que sage De garder le coin du feu ; Car il luy ialoit si peu,

144 Fables choisies.

Si peu, que la moindre chose

De son débris seroit cause.

Il n'en reviendroit morceau.

Pour vous, dit-il, dont la peau

Est plus dure que la mienne,

Je ne vois rien qui vous tienne.

Nous vous mettrons à couvert,

Repartit le Pot de fer.

Si quelque matière dure

Vous menace d'aventure^

Entre-deux je passeray.

Et du coup vous sauveray.

Cette offre le persuade.

Pot de fer son camarade

Se met droit à ses costez.

Mes gens s'en vont à trois pieds

Clopin dopant comme ils peuvent,

L'un contre l'autre jettez.

Au moindre hoquet qu'ils treuvent.

Le Pot de terre en souffre : il n'eut pas fait cent pas, Que par son compagnon il fut mis en éclats,

Sans qu'il eût lieu de se plaindre.

Ne nous associons qu'avecque nos égaux ;

Ou bien il nous faudra craindre

Le destin d'un de ces pots.

lU.

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