L'AIGLE ET LE HIBOU
l'Aigle et le Chal-huant leurs querelles cesseront, Et firent tant qu'ils s'embrassèrent.
!L*un jura foy de Rov, l'autre foy de Hibou, Q^ ' ' '-' goberoient " '^u ny prou.
C' -vous les mit: lU de Minerve.
Non, dit l'Aigle. Tant pis, reprit ie triste oiseau.
Je crains en ce cas pour leur peau :
C'est hazard si je les conserve.
Comme vous estes Roy, vous ne considérez Qui ny quoy : Rois et Dieux mettent, quoy qu'on leur
Tout en mesme catégorie. [die,
Adieu mes nourriçons si vous les rencontrez. Peignez-les-moy, du l'Aigle, ou bien mêles monstrez.
Je n'y toucheray de ma vie.
Le Hibou repartit : Mes petits sont mignons : Beaux, bien faits, et jolis sur tous leurs compagnons. Vous les reconnoistrez sans peine à cette marque. N'allez pas l'oublier; retcncz-b si bien
Que chez moy la m.. ' ^que
N^entre point par vi «n.
Il avint qu'au Hibou Dieu donna gcniture. De façon qu'un beau soir qu'il esloit en pasturc,
Nostrc Aijle apperceut d'avanture, ^
Dar . .,. ^
Ou ...c,
(Je ne sç^is pas lequel des deux)
De petits monstres fort hideux.
Rechignez, un air triste, une voix de Megerc. Ces cnians ne sont pas, dit l'Aigle, à oestre amy :
158 Fables choisies.
Croquons-les. Le galand n'en fit pas à demy.
Ses repas ne sont point repas à la légère.
Le Hibou de retour ne trouve que les pieds
De ses chers nourriçons, helas ! pour toute chose.
Il se plaint, et les Dieux sont par luy suppliez
De punir le brigand qui de son deuil est cause.
Quelqu'un luy dit alors : N'en accuse que toy, Ou plustost la commune loy Qui veut qu'on trouve son semblable Beau, bien fait, et sur tous aimable.
Tu fis de tes enfans à l'Aigle ce portrait ; En avoient-ils le moindre trait?