‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 130 sur 333 · L'AIGLE ET LE HIBOU · texte numérisé non relu

L'AIGLE ET LE HIBOU

l'Aigle et le Chal-huant leurs querelles cesseront, Et firent tant qu'ils s'embrassèrent.

!L*un jura foy de Rov, l'autre foy de Hibou, Q^ ' ' '-' goberoient " '^u ny prou.

C' -vous les mit: lU de Minerve.

Non, dit l'Aigle. Tant pis, reprit ie triste oiseau.

Je crains en ce cas pour leur peau :

C'est hazard si je les conserve.

Comme vous estes Roy, vous ne considérez Qui ny quoy : Rois et Dieux mettent, quoy qu'on leur

Tout en mesme catégorie. [die,

Adieu mes nourriçons si vous les rencontrez. Peignez-les-moy, du l'Aigle, ou bien mêles monstrez.

Je n'y toucheray de ma vie.

Le Hibou repartit : Mes petits sont mignons : Beaux, bien faits, et jolis sur tous leurs compagnons. Vous les reconnoistrez sans peine à cette marque. N'allez pas l'oublier; retcncz-b si bien

Que chez moy la m.. ' ^que

N^entre point par vi «n.

Il avint qu'au Hibou Dieu donna gcniture. De façon qu'un beau soir qu'il esloit en pasturc,

Nostrc Aijle apperceut d'avanture, ^

Dar . .,. ^

Ou ...c,

(Je ne sç^is pas lequel des deux)

De petits monstres fort hideux.

Rechignez, un air triste, une voix de Megerc. Ces cnians ne sont pas, dit l'Aigle, à oestre amy :

158 Fables choisies.

Croquons-les. Le galand n'en fit pas à demy.

Ses repas ne sont point repas à la légère.

Le Hibou de retour ne trouve que les pieds

De ses chers nourriçons, helas ! pour toute chose.

Il se plaint, et les Dieux sont par luy suppliez

De punir le brigand qui de son deuil est cause.

Quelqu'un luy dit alors : N'en accuse que toy, Ou plustost la commune loy Qui veut qu'on trouve son semblable Beau, bien fait, et sur tous aimable.

Tu fis de tes enfans à l'Aigle ce portrait ; En avoient-ils le moindre trait?

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