LE LION ET LE CHASSEUR
[es Fables ne sont pas ce qu'elles semblent [ estre.
^Le plus simple animal nous y tient lieu de maislre.
pporte de l'ennuy :
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C'est par cette raison qu'égayant leur c Nombre u .1.
Tous onl On ne voit point ciitv eux
Phcdrc esloit si succint qu . ;,: liâmé.
Ejupc en moins de mots i'est encore exprimé.
La Fontaine. — /. 1 1
i62 Fables choisies.
Mais sur tous certain * Grec renchérit et se pique
D'une élégance laconique.
Il renferme toujours son conte en quatre Vers; Bien ou mal, je le laisse à juger aux experts. Voyons-le avec Esope en un sujet semblable. L'un ameine un Chasseur, l'autre un Pâtre en sa Fable. J'ay suivy leur p^-ojet quant à l'événement, Y cousant en chemin quelque trait seulement. Voicy comme à peu prés Esope le raconte.
[n Pâtre à ses Brebis trouvant quelque mé-
conte, ^Voulut à toute force attraper le Larron. Il s'en va prés d'un antre, et tend à l'environ
Des laqs à prendre Loups, soupçonnant cette engeance. Avant que partir de ces lieux,
Si tu fais, disoit-il, ô Monarque des Dieux,
Que le drosle à ces laqs se prenne en ma présence, Et que je gouste ce plaisir, Parmy vingt Veaux je veux choisir Le plus gras, et t'en faire offrande.
A ces mots sort de l'antre un Lion grand et fort.
Le Pâtre se tapit, et dit à demy mort.
Que l'homme ne sçait guère, helas! ce qu'il demande!
Pour trouver le Larron qui détruit mon troupeau,
Et le voir en ces laqs pris avant que je parte,
0 Monarque des Dieux, je t'ay promis un Veau ;
Je te promets un Bœuf si tu fais qu'il s'écarte.
C'est ainsi que l'a dit le principal Auteur : Passons à son imitateur.
n Fanfaron amateur de la chasse, Venant de perdre un Chien de bonne race, Qu'il soupçonnoit dans le corps d'un Lion, Vid un Berger. Enseigne-moy de grâce
Gabrias (note de La Fontaine).