‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 174 sur 333 · LE CURÉ ET LE MORT · texte numérisé non relu

LE CURÉ ET LE MORT

n mort s'en alloit tristement S'emparer de son dernier gisle ; Un Curé s'en alloit gavment Enterrer ce mort au plus viste.

I. Li Fontaine se rappelle les paroles d"; entendant (i-"' '- -»^.ipitre XXXIII ''• ' '• • donnés il' par ses capr

M l'ay grjiiu j.tui que toute ccsi^^^ ■lii-, blable à la farce du pot au laia. duquel \: \r '- - ' -iche par resuerie • -

^ ' I» On voit que l' i

I Pot au lait était un peu amcrcnic ac ii !aL'!<- J'

:. u M. de Boufflers a tué un homme, après sa mort. H

202 Fables choisies.

Nostre défunt estoit en carosse porté,

Bien et deûment empaqueté, Et vestu d'une robe, helas! qu on nomme bière,

Robe d'hyver, robe d'esté,

Que les morts ne dépouillent guère.

Le Pasteur estoit à costé.

Et recitoit à l'ordinaire

Maintes dévotes oraisons,

Et des pseaumes, et des leçons,

Et des versets, et des réponds :

Monsieur le Mort laissez-nous faire, On vous en donnera de toutes les façons;

Il ne s'agit que du salaire.

Messire Jean Choùart couvoit des yeux son mort, Comme si l'on eût deu luy ravir ce trésor, i

Et des regards sembloit luy dire ;

Monsieur le Mort j'auray de vous,

Tant en argent, et tant en cire.

Et tant en autres menus cousts.

11 fondoit là dessus l'achat d'une feiiillette

Du meilleur vin des environs ;

Certaine nièce assez propette.

Et sa chambrière Pâquette

Dévoient avoir des cottillons.

Sur cette agréable pensée

Un heurt survient, adieu le char.

Voila Messire Jean Choiiart Qui du choc de son mort a la teste cassée : Le Paroissien en plomb entraîne son Pasteur,

Nostre Curé suit son Seigneur;

Tous deux s'en vont de compagnie.

Proprement toute nostre vie

étoit dans sa bière et en carrosse, on le menoit à une heue de Boufflers pour l'enterrer, son curé étoit avec le corps. On verse; la bière coupe le cou au pauvre curé.» (M"" de Sévigné, 26 février 1672).

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