‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 181 sur 333 · Livre septième · texte numérisé non relu

Livre septième

Un mary vivant trop au gré de son épouse, Une mère fâcheuse, une femme jalouse ;

Chez la Devineuse on couroit, Pour se faire annoncer ce que l'on desiroit.

Son fait consistoit en adresse.

Quelques termes de l'art, beaucoup de hardiesse, Du hazird quelquefois, tout cela concouroit : Tout cela bien souvent faisoit crier miracle. Enfin quov qu'ignorante â vingt et trois carats,

Elle passoit pour un oracle.

L'oracle estoit logé dedans un galetas.

Là cette femme emplit ' ^c,

Et sans avoir d'autre . •,

Gagne dequoy donner un rang à wn man : Elle acheté un office, une maison aussi.

Voila le galetas remply D'une nouvelle hostcsse, .1 !c la ville.

Femmes, filles, valets, cr jrs, tout enfin

Alloit comme autrefois demander son destin : Le galetas devint l'antre de la Sibille. L'autre femelle avoit achalandé ce lieu. ^ ** ' -niere femme eut beau faire, eut beau dire,

..ne! on se moque ; Eh Messieurs, sçay-je lire? Je n'ay jamais appris que ma croix de pardicu. Point de raison ; talut deviner et prédire,

Mettre à part force bons ducats, Et gagner mal-cré soy plus que deux Avocats. Le meuble, et 1 équipage aidoicnt fort à la chose : Quatre sièges boiteux, un manche de balay. Tout sentoil son sabat, et sa métamorphose :

Quand cette femme auroit dit vray

r ' ' ùsséc,

On s'en :^ estoit passée

Au gaiftas ; il avoil i-

L'autre femme se r.. . ../„^.i.

L'tris' ;^ne tait la chalandise.

Jay vei;

La Fontaine. — /. 14

210 Fables choisies.

Pour maistre tel, qui traisnoit après soy Force écoutans; Demandez-moy pourquoy.

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