‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 190 sur 333 · A MONSIEUR DE BARILLON · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DE BARILLON

)a qualité d'Ambassadeur 'Peut-elle s'abaisser à des contes vulgaires? 'Vous puis-je offrir mers vers et leurs grâces [ légères?

S'ils osent quelquefois prendre un air de grandeur, Seront-ils point traitez par vous de téméraires?

Vous avez bien d'autres affaires

A démêler que les débats

Du Lapin et de la Belette :

Lisez-les, ne les lisez pas;

Mais empêchez qu'on ne nous mette

Toute l'Europe sur les bras.

Que de mille endroits de la terre

Il nous vienne des ennemis,

J'y consens; mais que l'Angleterre Veuille que nos deux Rois se lassent d'être amis,

J ay peine à digérer la chose.

N'est-il point encor temps que Louis se repose? Quel autre Hercule enfin ne se trouveroit las De combattre cette Hydre? et faut-il qu'elle oppose Une nouvelle teste aux efforts de son bras?

Si votre esprit plein de souplesse,

Par éloquence, et par adresse.

Peut adoucir les cœurs, et détourner ce coup. Je vous sacrifieray cent moutons ; c'est beaucoup

Pour un habitant du Parnasse.

Cependant taites-moy la grâce

De prendre en don ce peu d'encens.

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