‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 199 sur 333 · LES DEUX AMIS · texte numérisé non relu

LES DEUX AMIS

^eux vrais amis vivoient au Monomotapa : ^L'un ne possedoit rien qui n'apartinst à Les amis de ce païs-là [l'autre :

Valent bien dit-on ceux du nostre.

Une nuit que chacun s'occupoit au sommeil, Et mettoit à profit l'absence du Soleil, Un de nos deux amis sort du lit en alarme : Il court chez son intime, éveille les valets : Morphée avoit touché le seuil de ce palais. L'amy couché s'estonne, il prend sa bourse, il s'arme; Vient trouver l'autre, et dit ; Il vous arrive peu De courir quand on dort; vous me paroissiez homme A mieux user du temps destiné pour le somme : • N'auriez-vous point perdu tout vostre argent au jeu? En voicy : s'il vous est venu quelque querelle, J'ay mon épée, allons : Vous ennuyez-vous point De coucher toujours seul? une esclave assez belle Estoit à mes costez, voulez-vous qu'on l'appelle?

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