‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 212 sur 333 · L'AVANTAGE DE LA SCIENCE · texte numérisé non relu

L'AVANTAGE DE LA SCIENCE

mtre deux Bourgeois d'une Ville [S'émeut |adis un différend.

'L'un estoit pauvre, mais habile ; S L'autre riche, mais ignorant.

Celuv-cy sur son concurrent

Vouloil emporter l'avantage :

Prétendoit que tout homme sage

Estoit tenu de l'honorer.

C'estoil tout homme sot ; car pourquoy révérer

Des biens dépourveus de mériter'

La raison m'en semble petite.

Mon amy, disoit-il souvent Au sçavanl,

Vous vous croyez considérable ;

Mais dites-moy, tenez-vous table?

Que sert à vos pareils de lire incessamment.? Ils sont ! ■ logez à la tr. hambre,

Veslus .K. :cJuincomm( de Décembre,

Ayant pour luut Laquais leur ombre seulement.

La République a bien affaire

De gens qui ne dépensent rien :

J s d'homme nécessaire

Que ceit t laxc épand Iv^uroup de bien.

Nous en uionb, l)ieu sçait : r sir occupe

L'Artisan, le vendeur, celuy 4- : a jupe, Et celle qui la porte, et vous qui dédiez

A Messieurs les pens de F:'

De méchants livres bien p.i .

Ces mots remplis d'impertinence

F'urent le sort qu'ils méritoient.

244 Fables choisies.

L'homme lettré se teut^ il avoit trop à dire. La guerre le vengea, bien mieux qu'une satyre. Mars détruisit le lieu que nos gens habitoient.

L'un et l'autre quita sa Ville.

L'ignorant resta sans azile;

Il receut par tout des mépris :

L'autre receut par tout quelque faveur nouvelle.

Cela décida leur querelle.

Laissez dire les sots ; le sçavoir a son prix.

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