L'AVANTAGE DE LA SCIENCE
mtre deux Bourgeois d'une Ville [S'émeut |adis un différend.
'L'un estoit pauvre, mais habile ; S L'autre riche, mais ignorant.
Celuv-cy sur son concurrent
Vouloil emporter l'avantage :
Prétendoit que tout homme sage
Estoit tenu de l'honorer.
C'estoil tout homme sot ; car pourquoy révérer
Des biens dépourveus de mériter'
La raison m'en semble petite.
Mon amy, disoit-il souvent Au sçavanl,
Vous vous croyez considérable ;
Mais dites-moy, tenez-vous table?
Que sert à vos pareils de lire incessamment.? Ils sont ! ■ logez à la tr. hambre,
Veslus .K. :cJuincomm( de Décembre,
Ayant pour luut Laquais leur ombre seulement.
La République a bien affaire
De gens qui ne dépensent rien :
J s d'homme nécessaire
Que ceit t laxc épand Iv^uroup de bien.
Nous en uionb, l)ieu sçait : r sir occupe
L'Artisan, le vendeur, celuy 4- : a jupe, Et celle qui la porte, et vous qui dédiez
A Messieurs les pens de F:'
De méchants livres bien p.i .
Ces mots remplis d'impertinence
F'urent le sort qu'ils méritoient.
244 Fables choisies.
L'homme lettré se teut^ il avoit trop à dire. La guerre le vengea, bien mieux qu'une satyre. Mars détruisit le lieu que nos gens habitoient.
L'un et l'autre quita sa Ville.
L'ignorant resta sans azile;
Il receut par tout des mépris :
L'autre receut par tout quelque faveur nouvelle.
Cela décida leur querelle.
Laissez dire les sots ; le sçavoir a son prix.