‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 215 sur 333 · LE FAUCON ET LE CHAPON · texte numérisé non relu

LE FAUCON ET LE CHAPON

'ne traîtresse voix bien souvent vous appelle; ,Ne vous pressez donc nullement : [m'en Ce n'estoit pas un sot, non, non, et croyez- __ iQue le Chien de Jean de Nivelle. Un citoyen du Mans Chapon de sgn métier

Estoit sommé de comparaistre

Pardevant les lares du maistre, Au pied d'un tribunal que nous nommons foyer. Tous les gens luy crioient pour déguiser la chose, Petit, petit, petit : mais loin de s'y fier, Le Normand et demi laissoit les gens crier ; Serviteur, disoit-il, vostre appast est grossier ;

On ne m'y tient pas; et pour cause.

Cependant un Faucon sur sa perche voyoit

Nostre Manceau qui s'enfuyoit.

Les Chapons ont en nous fort peu de confiance,

Soit instinct, soit expérience.

Celuy-cy qui ne fut qu'avec peine attrapé, Devoit le lendemain estre d'un grand soupe, Fort à l'aise, en un plat, honneur dont la volaille

Se seroit passée aisément.

L'Oiseau chasseur luy dit : Ton peu d'entendement Me rend tout estonné; Vous n'estes que racaille, Gens grossiers, sans esprit, à qui l'on n'apprend rien. Pour moy, je sçais chasser, et revenir au maistre.

Le vois-tu pas à la fenestre.?

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