‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 239 sur 333 · LE CHAT ET LE RENARD · texte numérisé non relu

LE CHAT ET LE RENARD

'e Chat et le Renard comme beaux petits

S'en alloient en pèlerinage. [saints,

'C'estoient deux vrais Tartufs, deux archipa-

telins,

Deux francs Pate-pelus qui des frais du voyage. Croquant mainte volaille, escroquant maint fromage,

S'indemnisoient à qui miieux mieux.

Le chemin étant long, et partant ennuyeux.

Pour raccourcir ils disputèrent.

La dispute est d'un grand secours;

Sans elle on dormiroit toujours.

Nos Pèlerins s'égosillèrent.

Ayant bien disputé l'on parla du prochain.

Le Renard au Chat dit enfin :

Tu prétends estre fort habile :

En sçais-tu tant que moy? J'ay cent ruses au sac. Non, dit l'autre; je n'ay qu'un tour dans mon bissac,

Mais je soutiens qu'il en vaut mille.

Eux de recommencer la dispute à l'envy. Sur le que si, que non tous deux estant ainsi.

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