‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 243 sur 333 · LE SINGE, ET LE CHAT · texte numérisé non relu

LE SINGE, ET LE CHAT

lertrand avec Raton, l'un Singe, et l'autre

Chat, 'Commensaux d'un logis, avoient un commun Maistre.

D'animaux mal-faisans c'estoit un tres-bon plat ; Ils n'y craignoient tous deux aucun, quel qu'il pust Trouvoit on quelque chose au logis de gasté? [estre. L'on ne s'en prenoit point aux gens du voisinage. Bertrand déroboit tout; Raton de son costé Estoit moins attentif aux souris qu'au fromage. Un jour au coin du feu nos deux maistres fripons

Regardoient rostir des' marons ; Les escroquer estoit une très-bonne affaire : Nos galands y voyoient double profit à faire, Leur bien premièrement, et puis le mal d'autruy. Bertrand dit à Raton : Frère, il faut aujourd'huy

Que tu fasses un coup de maistre.

Tire-moy ces marons ; Si Dieu m'avoit fait naistre

Propre à tirer marons du feu,

Certes marons verroient beau-jeu.

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