‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 268 sur 333 · A MONSIEUR LE DUC DE LA ROCHEFOUCAULT · texte numérisé non relu

A MONSIEUR LE DUC DE LA ROCHEFOUCAULT

e me suis souvent dit, voyant de quelle sorte L'homme agit, et qu'il se comporte 'En mille occasions comme les animaux : Le Roy de ces gens-là n'a pas moins de de-

Que ses sujets, et la nature , [faux

A mis dans chaque créature Quelque grain d'une masse oii puisent les esprits : J'entens les esprits corps, et paitris de matière.

Je vais prouver ce que je dis.

A l'heure de l'affust, soit lors c|ue la lumière Précipite ses traits dans l'humide séjour; Soit lors que le Soleil rentre dans sa carrière. Et que n'estant plus nuit, il n'est pas encor jour, Au bord de quelque bois sur un arbre je grimpe; Et nouveau Jupiter du haut de cet olympe,

Je foudroyé à discrétion

Un lapin qui n'y pensoit guère.

Je vois luir aussi-tost toute la nation

Des lapins qui sur la Bruyère,

L'œil éveillé, l'oreille au guet, S'égayoient et de thim parfumoient leur banquet.

Le bruit du coup fait que la bande

S'en va chercher sa seureté

Dans la souterraine cité :

Mais le danger s'oublie, et cette peur si grande

I. On a généralement ajouté à ce titre, le seul que donne l'édition originale, le suivant : Les Lapins.

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