‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 285 sur 333 · Livre onzième · texte numérisé non relu

Livre onzième

Rome est par nos forfaits, plus que par ses exploits,

L'instrument de nostrc supplice.

Craignez Romains, craignez que le Ciel quelque |oar Ne transporte chez vous les pleurs et la misère, El mettant en nos mains par un ur

Les armes dont se sert sa vengea c.

Il ne vous fasse en sa colère

Nos esclaves â vostre tour.

Et pourquov sommes-nous les vostres? Qu'on me die En auo. liez mieux que cent p- " '

Quel dr a rendus maistres de .

Pourquoy venir troubler une innocente vier Nous cultivions en paix d'heureux r^-'^"' '-• «^ m^m. Estoient propres aux Arts, ainsi

Qu'a ^

Ils.

S'ils avoient eu i

Comme vous, et L ...vi.ce.

Peut estre en vostre place ils auroient la puissance, Et sçauroient en user sans inhumanité.

Celle que vos Prêteurs ont sur nous exercée

N'entre qui peine en la pensée.

La majesté de vos Autels

Elle mesme en est offensée :

Car sçachez que les immortels Ont les regards sur nous. Grâces i vos exemples, Ils n'ont devant les yeux que des objets d'horreur,

De mépris d'eux, et de leurs Temples, D'avarice qui va jusques i la fureur.

Rien r- nent de Rome;

•ime Font pour les assouvir des • , erflus.

Retirez les; on ne vc-; j.-.

Cultiver pour eux les campagnes; ^

Nous r. • ' " mooUgBCi,

I, Campagnes, dans le trtrc, nuo i r//-iJ lodiqae qvM faut lire compagnes.

328 Fables choisies.

Nous ne conversons plus qu'avec des Ours affreux, Découragez de mettre au jour des malheureux, Et de peupler pour Rome un pais qu'elle opprime.

Quant à nos enfans déjà nez Nous souhaitons de voir leurs jours bientôt bornez : Vos Prêteurs au mal-heur nous font joindre le crime. Retirez-les, ils ne nous apprendront

Que la mollesse, et que le vice.

Les Germains comme eux deviendront

Gens de rapine et d'avarice.

C'est tout ce que j'ay veu dans Rome à mon abord :

N'a-t-on point de présent à faire? [espère Point de pourpre à donner? c'est en vain qu'on Quelque refuge aux loix : encor leur ministère A-t-il mille longueurs. Ce discours un peu fort

Doit commencer à vous déplaire.

Je finis. Punissez de mort

Une plainte un peu trop sincère.

A ces mots il se couche, et chacun étonné Admire le grand cœur, le bon sens, l'éloquence

Du sauvage ainsi prosterné.

On le créa Patrice ; et ce fut la vengeance. Qu'on crut qu'un tel discours méritoit. On choisit

D'autres Prêteurs, et par écrit Le Sénat demanda ce qu'avoit dit cet homme. Pour servir de modèle aux parleurs à venir.

On ne sçeut pas long-temps à Rome

Cette éloquence entretenir.

Vin.

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