‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 295 sur 333 · LES DEUX CHÈVRES · texte numérisé non relu

LES DEUX CHÈVRES

Jés que les Chèvres ont brouté,

Certain esprit de liberté [voïage ^Leur fait chercher fortune; elles vont en Vers les endroits du pâturage Les moins fréquentez des humains.

Là s'il est quelque lieu sans route et sans chemins, Un rocher,, quelque mont pendant en précipices, C'est où ces Dames vont promener leurs caprices^; Rien ne peut arrêter cet animal grimpant. Deux Chèvres donc s'émancipant, Toutes deux aïant pâte blanche, Quiterent les bas prez -, chacune de sa part. L'une vers l'autre alloit pour quelque bon hazard. Un ruisseau se rencontre, et pour pont une planche; Deux Belettes à peine auroient passé de front

Sur ce pont :

D'ailleurs l'onde rapide et le ruisseau profond

1. Les Chèvres ont une propriété, C'est qu'ayant fort long-temps brouté

Elles prennent l'essor, et s'en vont en voyage

Vers les endroits du pasturage

Inaccessibles aux Humains.

Est-il quelque lieu sans chemins, Quelque Rocher, un Mont pendant en précipices. Mesdames s'en vont là promener leurs caprices.

{Mercure galant, février 1 69 1 .) Les Œuvres postumes présentent la même leçon avec quelques lieux, au pluriel, au sixième vers, et Rocher ou Mont au septième.

2. Certain pré, dans le Mercure galant et Les Œuvres postumes.

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