LES DEUX CHÈVRES
Jés que les Chèvres ont brouté,
Certain esprit de liberté [voïage ^Leur fait chercher fortune; elles vont en Vers les endroits du pâturage Les moins fréquentez des humains.
Là s'il est quelque lieu sans route et sans chemins, Un rocher,, quelque mont pendant en précipices, C'est où ces Dames vont promener leurs caprices^; Rien ne peut arrêter cet animal grimpant. Deux Chèvres donc s'émancipant, Toutes deux aïant pâte blanche, Quiterent les bas prez -, chacune de sa part. L'une vers l'autre alloit pour quelque bon hazard. Un ruisseau se rencontre, et pour pont une planche; Deux Belettes à peine auroient passé de front
Sur ce pont :
D'ailleurs l'onde rapide et le ruisseau profond
1. Les Chèvres ont une propriété, C'est qu'ayant fort long-temps brouté
Elles prennent l'essor, et s'en vont en voyage
Vers les endroits du pasturage
Inaccessibles aux Humains.
Est-il quelque lieu sans chemins, Quelque Rocher, un Mont pendant en précipices. Mesdames s'en vont là promener leurs caprices.
{Mercure galant, février 1 69 1 .) Les Œuvres postumes présentent la même leçon avec quelques lieux, au pluriel, au sixième vers, et Rocher ou Mont au septième.
2. Certain pré, dans le Mercure galant et Les Œuvres postumes.