I. Ea, dans Les Œtnrts postama
j. Ce que j'ai toujours *«, dans La ŒMffU posttms.
352 Fables choisies.
Je fabrique à force de temps
Des Vers moins sensez que sa Prose.
Les traits dans sa Fable semez Ne sont en l'Ouvrage du Poëte Ni tous, ni si bien exprimez.
Sa louange en est plus complète.
De la chanter sur la Muzette, C'est mon talent; mais je m'attens Que mon Héros dans peu de tems Me fera prendre la trompette.
Je ne suis pas un grand Prophète, Cependant je lis dans les Cieux Que bientôt ses faits glorieux Demanderont plusieurs Homeres; Et ce tems-ci n'en produit gueres.
Laissant à part tous ces mystères, Essaïons de conter la Fable avec succez.
Le Renard dit au Loup : Nôtre cher, pour tous mets, J'ai souvent un vieux Coq, ou de maigres Poulets;
C'est une viande qui me lasse.
Tu fais meilleure chère avec moins de hazard. J'approche des maisons, tu te tiens à l'écart. Apprens-moi ton métier, Camarade, de grâce :
Rens-moi le premier de ma race Qui fournisse son croc de quelque Mouton gras. Tu ne me mettras point au nombre des ingrats. Je le veux, dit le Loup : Il m'est mort un mien frère; Allons prendre sa peau, tu t'en revêtiras. Il vint, et le Loup dit : Voici comme il faut faire Si tu veux écarter les Mâtins du Troupeau.
Le Renard aï'ant mis la peau Repetoit les leçons que lui donnoit son maître. D'abord il s'y prit mal, puis un peu mieux, puis bien,
Puis enfm il n'y manqua rien.