‹ Œuvres complètes de La FontaineChapitre 307 sur 333 · L'ECREVISSE ET SA FILLE · texte numérisé non relu

L'ECREVISSE ET SA FILLE

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354 Fables choisies.

Mon sujet est petit, cet accessoire est grand. Je pourrois l'appliquer à certain Conquérant Qui tout seul déconcerte une Ligue à cent têtes. Ce qu'il n'entreprend pas^ et ce qu'il entreprend N'est d'abord qu'un secret, puis devient des conquêtes. En vain l'on a les yeux sur ce qu'il veut cacher, Ce sont arrêts du sort qu'on ne peut empêcher, Le torrent à la fin devient insurmontable. Cent Dieux sont impuissans contre un seul Jupiter. LOUIS et le destin me semblent de concert Entraîner l'Univers. Venons à nôtre Fable. Mère Ecrevisse un jour à sa Fille disoit : Comme tu vas, bon Dieu! ne peux tu marcher droit.? Et comme vous allez vous-même! dit la Fille. Puis-je autrement marcher que ne fait ma famille? Veut on que j'aille droit quand on y va tortu?

Elle avoit raison; la vertu

De tout exemple domestique

Est universelle, et s'applique En bien, en mal, en tout; fait des sages, des sots; Beaucoup plus de ceux-ci. Quant à tourner le dos A son but; j'y reviens, la méthode en est bonne,

Sur tout au métier de Bellone :

Mais il faut le faire à propos.

FABLE XL

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