UN FOU ET UN SAGE
[ertain Fou poursuivoit à coups de pierre
un Sage.
'Le Sage se retourne, et lui dit, Mon ami, , C'est fort bien fait à toi; reçois cet écu-ci : Tu fatigues assez pour gagner davantage. Toute peine, dit-on, est digne de loïer. Voi cet homme qui passe, il a dequoi païer ; Adresse-lui tes dons, ils auront leur salaire. Amorcé par le gain, nôtre Fou s'en va faire
Même insulte à l'autre Bourgeois.
On ne le païa pas en argent cette fois. Maint Estafier accourt : on vous happe nôtre homme, On vous l'échiné, on vous l'assomme.
Auprès des Rois il est de pareils fous. A vos dépens ils font rire le Maître.
Pour reprimer leur babil, irez-vous Les maltraiter? vous n'êtes pas peut-être Assez puissant. Il faut les engager A s'addresser à qui peut se vanger.
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FABLE XXllI LE RENARD ANGLOIS.
A MADAME HF. RVAY.
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bon sens.
'Avec cent qualitez trop longoA ^ X'ncnoV' '''Tie, un Ulcfit pour ço&u. rr .1 les aff.i e^n\.
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376 Fables choisies.
Là des animaux ravissans, Blereaux, Renards, Hiboux, race encline à mal-faire, Pour l'exemple pendus instruisoient les passans. Leur confrère aux abois entre ces morts s'arrange. Je crois voir Annibal qui pressé des Romains Met leurs Chefs en défaut, ou leur donne le change, Et sçait en vieux Renard s'échaper de leurs mains.
Les Clefs de Meute parvenues A Tendroit où pour mort le traître se pendit. Remplirent l'air de cris : leur maître les rompit. Bien que de leurs abois ils perçassent les nues. Il ne put soupçonner ce tour assez plaisant. Quelque Terrier, dit-il, a sauvé mon galant. Mes Chiens n'appellent point au delà des colonnes
Oij sont tant d'honnêtes personnes. Il y viendra, le drôle. Il y vint, à son dam.
Voilà maint Basset clabaudant; Voilà nôtre Renard au charnier se guindant, Maître pendu croyoit qu'il en iroit de même Que le jour qu'il tendit de semblables panneaux; Mais le pauvret ce coup y laissa ses houzeaux; Tant il est vrai qu'il faut changer de stratagème. Le Chasseur, pour trouver sa propre sûreté, N'auroit pas cependant un tel tour inventé; Non point par peu d'esprit : est-il quelqu'un qui nie Que tout Anglois n'en ait bonne provision?
Mais le peu d'amour pour la vie
Leur nuit en mainte occasion.
Je reviens à vous non pour dire D'autres traits sur votre sujet ; Tout long éloge est un projet* Trop abondant* pour ma Lire.
Peu de nos chants, peu de nos Vers
1 . Nous prenons ce vers dans les Ouvrages de prose et de poésie; il manque dans l'édition de 1694.