Livre troisième
Taschc de l'en tirer, et fais tous tes efforts ,
Car pour moy j'ay certaine affaire.
Qui ne me permet pas d'arrester en chemin. En toute chose il laut considérer la fin.
L'AIGLfe, LA LAYE, ET LA CHATE.
['Aigieavoit ses petits au haut d'un arbrecreux,
La Lave au pied la Chate entre les deux :
[Et sans s incomnKXler, moyennant ce par-
tage
Mères et nourrissons faisoient leur tripotage.
La Chate détruisit par sa tourbe l'accord.
Elle grinpa chez l'AigJc^et'luy dit: Nosire mort,
(Au moins de nos enfans, car c'est tout un aux mères)
Ne tardera possible gueres.
V us à nos pieds fouir incessamment
• • iudite Laye, et creuser une mine? C'est pour déraciner le chesne asseurément, Et de nos nourrissons attirer la ru r. . L'arbre tombant ils seront dew : , Qu'ils iC3\ tiennent pour assurez.
S'il m'en restoil un soûl j'adoucirois ma plainte. Au partir de ce lieu qu'elle remplit de crainte, La perfide descend tout droit
A IVndroit Où la L.r
Ma bonn*- . , ;ne,
Luv dit-elle tout bas, (e vous donne un avis. L'Aigle, si V- * 'ndra sur vos petits :
Oblif . n rien dire ;
Son courroux tomberoil sur mby.
Lé Fontaine. — /. 7
9^ Fables choisies.
Dans cette autre famille ayant semé l'effroy,
La Chate en son trou se retire.
L'Aigle n'ose sortir, ny "pourvoir aux besoins
De ses petits : la Laye encore moins : Sottes de ne pas voir que le plus grand des soins Ce doit estre celuy d'éviter la famine. A demeurer chez soy l'une et l'autre s'obstine, Pour secourir les siens dedans l'occasion :
L'Oyseau Royal en cas de mine,
La Laye en cas d'irruption.
La faim détruisit tout : il ne resta personne, De la gent Marcassine, et de la gent Aiglonne,
Qui n'allast de vie à trépas ;
Grand renfort^pour 'messieurs les Chats.
Que ne sçait point ourdir une langue traîtresse Par sa pernicieuse adresse.?
Des malheurs qui sont sortis De la boëte de Pandore, CeJpy qu'àj meilleur dro!t^tout l'Univers abihorre, ->eci3i(f .'Cyest la fourbe à mon avis.'^.'t ai) :nio., n/ .- ,j . ,3hibi ;)>!
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L'YVRÔGNE ET SA f ËMME.
[hacun a son défaut oii toujours il revient : Honte ny peur n'y remédie.
Sur ce propos d'un conte il me souvient : Je ,ne dis rien que je n'appuyé De quelque exemple. Un suppost de Bacchus Alteroit sa santé, son esprit, et sa bourse. Telles gens n'ont pas fait la moitié de leur course, Qu'ils, sont au bout de leurs écus.
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