‹ Œuvres complètes de Lord Byron DramesChapitre 41 sur 133 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

La pia2za et la piazetta de Saint-ifarc. — Le peuple eet rassemblé en foule autour des grilles du palais ducal, qui sont fermées.

Premier Citoyen J’ai alteinl la grille, et je puis distinguer les Dix rangés autour du Doge, dans leur costume de cérémonie.

Second Cit. Je ne puis, malgré mes efforts, aller jusqu’à loi. Que se passe-t-il ? lâchons du moins d’entendre, puisqu’il n’y a que ceux qui sont près de la grille qui aient la possibilité de voir.

Prem. Cit. Un d’eux s’est approché du Doge; voilà qu’on dépouille sa tête de la loque ducale. — Maintenant il lève les yeux au ciel ; je les vois briller, je vois le mouvement de ses lèvres. — Silence! — silence! Ce n’est qu’un murmure.

— Maudit éloignement! on ne peut comprendre ses paroles; mais sa voix grossit comme les sourds grondements du tonnerre. Oh ! si nous pouvions seulement entendre une phrase !

Sec. CiT. Silence! peut-être pourrons-nous saisir quelques sons.

Preh. Cit. C’est en vain, je ne puis l’entendre. — Ses cheveux blancs flottent au souffle des vents, comme l’écume sur les vagues ! — Maintenant, — maintenant, — il s’agenouille ;

— et à présent ils forment un cercle autour de lui, et on n’aperçoit plus rien; — mais je vois l’épée levée en l’air. — Ah! écoulez! elle frappe! [Le peuple murmure.)

Troisième Cit. Ils ont assassiné celui qui voulait nous affranchir.

Quatrième Cit. Il a toujours été bon pour le peuple.

Cinquième Cit. Ils ont sagement fait de tenir les grilles fermées. Si nous avions su, avant de venir, ce qui allait se passer, — nous aurions apporté des armes pour forcer les portes.

Sixième Cit. Êtes-vous bien sûr qu’il soit mort?

Prem. Cit. J’ai vu l’épée s’abattre. — Voyez ! que vient-on nous montrer ?

Hi OEUVRES DE LORD DVRON.

Sur le balcon du palais, dont la façade donne sur la place, s’avance nn chef des Dix, tenant à la main un glaive ensanglanté ; il l’agite trois fuis aux jeux du peuple, et dit:

« La justice a frappé le grand coupable. »

Les grilles s’ouvrent; le peuple se précipite vers l’escallcr des Géants, oü l’exécution a eu lieu. Ceux qui sont les plus avancés crient à ceux qui sont derrière eux :

La tête sanglante roule sur les marches de l’escalier des Géants! (La toile tombe.)

NOTES

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