‹ Œuvres complètes de Lord Byron PoëmesChapitre 23 sur 83 · LA FILLE DE JEPIITÉ · texte numérisé non relu

LA FILLE DE JEPIITÉ

O mon père ! — puisque notre pays et notre Dieu demandent que ta fille expire, puisque ta victoire fut achetée par ton vœu, — frappe ce sein nu que je te présente!

Mes chants de deuil ont cessé; les montagnes ne doivent plus me revoir. Immolée par la main que j'aime, le coup sera pour moi sans douleur.

Et n'en doute pas, ô mon père ! — le sang de ton enfant est pur comme la bénédiction que j'implore avant qu'il coule» comme la dernière pensée qui adoucit ma dernière heure.

Laisse là les lamentations des vierges de Solyme; que rien ne trouble la fermeté du juge et du héros. J'ai gagné pour toi la grande bataille; mon père et mon pays sont libres !

Quand ce sang que j'ai reçu de toi aura jailli, quand la

voix que tu aimes sera muelte, que ma mémoire soit encore ton orgueil, et n'oublie pas que j'ai souri en mourant!

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