STANCES A UNE DAME, EN LUI ENVOYANT LES POÈMES DU CÀMŒNS
Beauté chérie, peut-être en ma faveur tu priseras ce gage d’une tendre estime; ce livre parle de l’amour et de ses rêves enchanteurs : c’est un sujet que nous ne pouvons jamais traiter avec dédain.
Qui le blâme, en effet, sinon le sot envieux, la vieille fille désappointée, ou la femme qui, élevée à l’école de la pruderie, est condamnée h languir dans son ennui solitaire ?
Mais loi, femme charmante, toi qui n’appartiens à aucune de ces catégories, lis ces vers, lis-les avec émotion; je n’aurai pas en vain appelé la pitié sur les infortunes du poète.
Car c’était là un vrai poète; sa flamme n’était point une flamme factice. Puisse comme lui l’amour te récompenser; mais que sa destinée ne soit pas la tienne !