LXXX1I
Uélas ! où est-elle la cité superbe? Où sont les trois cents triomphes 10, et le jour où le poignard , dans la main de Brutus, surpassa en gloire l’épée du conquérant? Qu’est devenue la voix de Tullius, la lyre de Virgile, le burin éloquent de Tite-Live? Mais Rome revit dans les écrits de ces trois hommes; tout le reste — est mort. Malheur h notre terre! nous ne reverrons plus dans son regard l’éclat dont il brillait alors que Rome était libre !
O toi, dont le char roulait sur la roule de la Fortune, victorieux Sylla! toi qui commenças par vaincre les ennemis de ton pays avant d’écouter la voix de ta colère et de venger tes injures; toi qui laissas s’accumuler la mesure de tes ressentiments jusqu’à ce que tes aigles planassent sur l’Asie abattue; — toi qui d’un regard anéantissais des sénats, — toi qui fus Romain encore, malgré tous tes vices, car avec une sérénité expiatoire tu déposas plus qu’une couronne terrestre, —