‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 122 sur 560 · SÉNARMONT , BLONDEL · texte numérisé non relu

SÉNARMONT , BLONDEL

SÉ.NARMONT.

Ah! c'est vous?

BLO>inEL.

Le hasaril , monsieiu' , me lavorise ; A peine j'espérais vous trouver seul ici.

si-;narm()>t.

De vous voir, cher docteur . je suis heureux aussi;

L'IMPORTANT.— ACTE II

Parlez, je ferai tout pour vous , veuillez m'en croire.

BLONDEL

C'est ce que nous verrons !... Si j'ai bonne mémoire, Hier , en ce salon , vous nous avez appris Que , dictant vos arrêts aux journaux de Paris , Vous dirigiez souvent l'éloge et la critique.

SÉXARMONT.

Versé dans les secrets du monde politique , Riche de faits nouveaux et de récits piquants , Avec eux , il est vrai , j'ai des rapports fréquents. Vous le savez , docteur , ils dispensent la gloire : Les réputations sont dans leur écritoire : Moi , de tous nos auteurs , l'ami , le confident , Sur leurs juges j'exerce un utile ascendant , Et par mes soins heureux , au talent, au génie De l'immortalité la route est aplanie.

BLONDEL

Avez-vous donc toujours été si généreux? Et pour certains auteurs critique rigoureux , Parfois n'auriez-vous point immolé des ouvrages Qui peut-être avaient droit d'obtenir vos suffrages ?

SÉNARMONT

Les auteurs auraient tort de se mettre en courroux ; Que diable ! on ne peut pas non plus les louer tous.

BLONDEL

■T'en conviens.

SÉXARMOXÏ.

Il suffit d'écouter la justice.

BLOXDEL.

Oui, sans doute!... Rempli de sel et de malice, Un article a paru dans ce piquant journal Dont vous êtes le chef : on y traite fort mal Dun jeune médecin la personne et le livre ; Aux brocards du public tous les deux on les livre ; Vous vous rappelez?...

SÉXARMONT.

Oui, je crois me souvenir !...

BLONDEL

L'article est excellent.

En puis-je convenir ?

BLONDEL

Je vous entends , l'article est de vous.

SÉNARMONT

C'est possible.

BLONDEL

Jj'ouvrage, à votre avis, n'est pas même lisible

SENARMONT.

C'est votre sentiment : soyez de bonne foi! L'auteur est un rival?...

BLONDEL

Non, cet auteur, c'est moi.

SÉNARMONT

Vous !

BLONDEL

Moi-même !

SÉNARMONT , à part.

Parbleu ! la rencontre est cruelle !

BLONDEL

Je suis ce médecin , ce savant de ruelle ,

Qui n'a point à guérir appliqué ses efforts ,

Mais apprend aux défunts de quel mal ils sont morts.

Écoutez donc, docteur, nous nous trompons peut-être.

BLONDEL

Pour chef de ce journal, monsieur s'est fait connaître. Rien ne l'y contraignait : c'est à lui déjuger S'il veut se démentir au moment du danger.

SÉNARMONT

Du danger?

BLONDEL

Vous avez déchiré mon ouvrage, Vous m'avez prodigué le sarcasme et l'outrage ; Vous devinez alors ce que, dans son courroux, Un auteur insulté peut exiger de vous.

SÉNARMONT

Je vous comprends, monsieur.

BLONDEL

J'étais loin de m'attendre Qu'à Châlons, près demoi, mon censeur dût se rendre ; Je vous suis obligé de ra'avoir prévenu.

SÊNAR310NT , à part.

Si j'ai lu ce journal, je veux être pendu !

ÏN importe, il faut subir cette méchante affaire.

(Haut.)

Vous me voyez , monsieur, prêta vous satisfaire.

BLONDEL

J'en étais sûr!... quelle est votre arme, s'il vous plaît? Parlez : est-ce l'épée , est-ce le pistolet ?

Tout ce que vous voudrez, hormis vos ordonnances.

BLOISDEL.

C'en est assez, monsieur, trêve d'impertinences ! Vous m'avez offensé, j'en demande raison.

L'IMPORTANT. -ACTE II

SEiNARMONT.

Je suis à VOUS.

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