OI.GA
Vous êtes mes amis,
BLASKOFF.
Avant que dans ce lieu revienne notre ni.iitre , Si vous vouliez...
OLGA
Quoi donc?
liLASKOFF.
Je leur ai fait connaître De vos accents si doux le magique pouvoir; Je leur ai raconté (pie bien souvent , le soir , Sur les bords de l'Arno \ otre voix inspirée Célébrait devant nous cette heureuse contrée. Vos accents dans les cœurs endorment les chagrins. Nous , de notre pays nous dirons les refrains.
OLGA
Improviser !... ici ! Mais le pourrai-je encore ?
BL.VSKOFF.
Ne nous refusez pas,
OLGA, à Béatrix.
Béatrix , ta mandore.
» Salut, riant pays, beau ciel , sol parfujné,
» Où tout respire la tendresse , 1» Où ladouhîur s'endort , où l'on est mieux aimé;
» Champs heureux, où l'air embaumé
» A la douceur d'une caresse!
)) Jusqu'aux bords de l'Arno suivons l'étroit sentier . » Que couvre l'aloès de son ombre o.lorante ; >) Le .soleil jette encore une clarté mourante
1) Siu' les fruits d'or du citronnier.
" Voici le soir, faisons silence'...
0 J'entends le rossignol qui chante et se b.ilance
» Sur les branches de l'églantier.
» IMais au son de la mandoline
I Le villageois descend de la colline,
» Et les échos joyeux répètent sa chanson. » De ses fleurs au passant il jette les offrandes ; .) Il charge de festons , il couvre de guirlandes » Le char pesant qui traîne la moisson.
» Prodiguons-les, ces fleursquicroissent sans culture.
» .Teune fille , ornes-en ta noire chevelure :
» Tu les verras demain renaissant sous tes pas
.) Livrer à ta beauté sa nouvelle parure.
» Dépouillons cette terre , amour de la nature :
.. Son sein, toujours fécond, ne s'épuisera pas.
» Salut , riant pays , beau ciel , sol parfumé .
» Où tout respire la tendresse , ). Où la douleur s'endort , où l'on est mienx aimé :
» Chami>s heureux , où Tair embaumé
» A la douceur d'une caresse .'
RLASKOFF.
Que ces accents sontdoux! Mais vous versez des pleurs. Qui peut troubler votre âme et causer vos douleurs !
OLGA
Pardoimez! d'un beau ciel je retraçais les charmes , Et mes yeux malgré moi se sont mouillés de larmes? Tci l'air est si froid , le ciel si rigoureux , Qu'ils semblent attrister même les jours heureux !
BLASKOFF.
Eh bien! auprès de nous oubliez l'Italie; C'est à vous d'égayer votre mélancolie.
Compagnons , que nos champs réjouissent son cœur : Écoutez ma ballade , et répétez en chœur.