‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 151 sur 560 · OI.GA · texte numérisé non relu

OI.GA

Vous êtes mes amis,

BLASKOFF.

Avant que dans ce lieu revienne notre ni.iitre , Si vous vouliez...

OLGA

Quoi donc?

liLASKOFF.

Je leur ai fait connaître De vos accents si doux le magique pouvoir; Je leur ai raconté (pie bien souvent , le soir , Sur les bords de l'Arno \ otre voix inspirée Célébrait devant nous cette heureuse contrée. Vos accents dans les cœurs endorment les chagrins. Nous , de notre pays nous dirons les refrains.

OLGA

Improviser !... ici ! Mais le pourrai-je encore ?

BL.VSKOFF.

Ne nous refusez pas,

OLGA, à Béatrix.

Béatrix , ta mandore.

» Salut, riant pays, beau ciel , sol parfujné,

» Où tout respire la tendresse , 1» Où ladouhîur s'endort , où l'on est mieux aimé;

» Champs heureux, où l'air embaumé

» A la douceur d'une caresse!

)) Jusqu'aux bords de l'Arno suivons l'étroit sentier . » Que couvre l'aloès de son ombre o.lorante ; >) Le .soleil jette encore une clarté mourante

1) Siu' les fruits d'or du citronnier.

" Voici le soir, faisons silence'...

0 J'entends le rossignol qui chante et se b.ilance

» Sur les branches de l'églantier.

» IMais au son de la mandoline

I Le villageois descend de la colline,

» Et les échos joyeux répètent sa chanson. » De ses fleurs au passant il jette les offrandes ; .) Il charge de festons , il couvre de guirlandes » Le char pesant qui traîne la moisson.

» Prodiguons-les, ces fleursquicroissent sans culture.

» .Teune fille , ornes-en ta noire chevelure :

» Tu les verras demain renaissant sous tes pas

.) Livrer à ta beauté sa nouvelle parure.

» Dépouillons cette terre , amour de la nature :

.. Son sein, toujours fécond, ne s'épuisera pas.

» Salut , riant pays , beau ciel , sol parfumé .

» Où tout respire la tendresse , ). Où la douleur s'endort , où l'on est mienx aimé :

» Chami>s heureux , où Tair embaumé

» A la douceur d'une caresse .'

RLASKOFF.

Que ces accents sontdoux! Mais vous versez des pleurs. Qui peut troubler votre âme et causer vos douleurs !

OLGA

Pardoimez! d'un beau ciel je retraçais les charmes , Et mes yeux malgré moi se sont mouillés de larmes? Tci l'air est si froid , le ciel si rigoureux , Qu'ils semblent attrister même les jours heureux !

BLASKOFF.

Eh bien! auprès de nous oubliez l'Italie; C'est à vous d'égayer votre mélancolie.

Compagnons , que nos champs réjouissent son cœur : Écoutez ma ballade , et répétez en chœur.

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