SCÈNE XL
OBOLENSKI , FÉDOR.
FÉDOrw
Maître.
OBOLENSKI.
Eh bien ! qui t'appelle !
Que veux-tu ?
FÉDOR
Dans quels lieux est Olga ? Que fait-elle ?
OBOLENSKI.
Que l'importe ?
FÉDOR
Écoulez : on menace ses jours.
OBOLENSKI.
Qu'en sais-tu ?
FKDOR.
Du cliàteau je traversais les cours . J'allais entrer : vers moi s'avance la tsarine ; Devant saint Wladimir je la vois qui s'incline , Puis elle se relève , et, les yeux enllaninics , Place autour du palais quelques strélilz armés. Le nom d'Olga deux fois est sorti de sa bouche. Son geste , ses regards , son sourire farouche , L'ordre qu'elle a dicté, tout m'effraie , et j'accours Pour cette pauvre enfant vous offrir mes secours.
OBOLENSKI.
Parle plus ba^ , Fédor !
FÉDOIl.
Vous l'aimez , et sans doute Vous voudrez l'arracher au sort que je redoute.
OBOLENSKI.
Hé bien?
FÉDOR
Je suis tout prêt!... Je n'ai point oublié Les bienfaits qu'à mes maux prodigua sa pitié ;
M'acquitter envers elle est ma plus chère envie. La tsarine menace, elle en veut à sa vie : Je puis approcher d'elle , et vous sauver tous deux. Ordonnez, et ma main....
OBOLENSKI.
Que dis-tu , mallieureux ?
FÉDOR
Ne vous occupez point des périls «pie je brave. Que m'importent mes jours ! je ne suis qu'un esclave!
OBOLENSKI.
Tais-toi !... Si de ces lieux on l'avait entendu , Dans le même supplice avec lui confondu... Je devrais te punir ! Mais non , je te pardonne !.... Sans doute en ce moment Hélène me soupçonne ; Mes secrets ennemis , près d'elle rassemblés , Accusent mon retard... Sors.
FÉDOR
Comme vous tremblez !
OBOLENSKI.
Oui , Boscaris est là, qui, flattant la tsarine , Convoite des honneurs fondés sur ma ruine ; Elle m'attend!... Allons tombera ses genoux.
(Il sort.) FÉDOR.
Le lâche ! il est encor plus esclave que nous.