SCÈNE V
BLASKOFF, FÉDOR.
Fédor, qu'en dis-tu ? que t'en semble?
FÉDOR
Elle aime Obolenski! je la plains , et je tremble.
BLASKOFF.
Mais restons-nous ici , Fédor ? ne faut-il pas De Belski maintenant accompagner les pas ? On va se battre, on a besoin de ton courage.
FÉDOR
Moi, me battre ! Et poui'quoi? Pour changer d'esclavage? Qu'ils s'arrangent entre eux : je reste , et j'attendrai.
BLASKOFF.
Je voudrais bien savoir à qui j'appartiendrai. Je suis né pauvre et serf : je dois avoir un maître , C'est juste ! mais au moins je voudrais le connaître ; Et , si me résigner fut toujours ma vertu , J'aime à sa\ oir par qui je dois être battu.
FÉDOR
A tes dépens bientôt tu l'apprendras sans doute : Les maîtres ne sauraient nous manquer! . . .Mais écoute. J'entends de Boscaris les soldats s'approcher : Ils ne trouveront pas ce qu'ils viennent chercher ; Il est trop tard.