‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 243 sur 560 · LA BAROÎSINE D'ALBY, LA COMTESSE, LE COMTE, CHARLOTTE · texte numérisé non relu

LA BAROÎSINE D'ALBY, LA COMTESSE, LE COMTE, CHARLOTTE

Bonjour, Arthur. Bonjour... madame.

CHARLOTTE

Je suis...

LE COMTE, l'interrompant, ] Que je suis heureux de vous voir ! Permettez que ! je vous présente madame d'Aiglemont.

LA BARONNE

11 y a longtemps que je désirais faire avec madame Une plus ample connaissance.

p CHARLOTTE.

Vous êtes bien bonne, madame , et je vous reraerj cie bien , car. . .

j LE COMTE, l'interrompant.

! IN 'êles-vous pas fatiguée?

LA BARONNE

Pas du loiil. Mais , en vérité , chère comtesse , ce château est délicieux.

LA COMTESSE

l'y ai trouvé, dans des temps malheureux, un abri contre les chagrins.

Et votre fils y cherche aujourd'hui un asile contre les plaisirs.

LE COMTE

C'est que je crois que si les chagrins détruisent le bonheur , les plaisirs le dérangent.

LA COMTESSE

Et vous êtes heureux ?

LE COMTE

Très-heureux.

LA COMTESSE, à demi-voix.

En êtes-vous bien sûr ?

LE COMTE

Très-heureux.

LA COMTESSE, à ChailoUc.

Et VOUS , madame ?

CHARLOTTE

Si je suis heureuse ?.... Il est toujours près de iiioi.

LA BARONNE

Ce bonheur-là peut suffire pendant l'été ; mais, cet hiver , vous reviendrez à Paris. 11 ne faut pas nous enlever entièrement monsieur le comte , et vousmême vous ne devez pas vous séquestrer du monde.

CHARLOTTE

Je ferai ce que mon mari voudra; et j'avoue que je ne serai pas fâchée de revoir ma famille, mes amies d'enfance, car...

LE COMTE , l'interrompant.

Oui, sans doute, oui, nous irons à Paris. {^ la baronne.) Si vousvouliezjeteruncoup-d'œilsur leparc, sur les jardins?

LA BARONNE

Tout à l'heure. Oh ! vous aurez le temps de faire le propriétaire , je vous promets de tout examiner. {Re- (jardani la harpe et la miisiiiue.) Ahl je vois que les arts charment votre solitude. Celte harpe , ces pinceaux sont à madame?

CHARLOTTE

Non, vraiment ; vous sentez bien que ce n'est pas. . .

LE COMTE . l'interrompant.

La comtesse ne s'est occupée que du piano ; et c'est à votre intention que j'ai fait apporter cela ici.

LA BARONNE

J'en suis reconnaissante.

LA COMTESSE, à part.

Pauvre Arthur , comme il est embarrassé!

UN D0.ML:STI0LE, entrant.

Monsieur le comte , un exprès apporte cette lettre de l'auberge voisine ; on attend une réponse.

LE COMTE

Vous permettez, madame. (// ouvre la lettre.) Ah ! c'est de cet étourdi de Monval; il arrive d'Italie.

LA BARONNE

Il revient? J'en suis charmée.

Écoutez ce qu'il m'écrit.

« Mon cher Arthur, j'arrive d'Ancone, et, enmar- » rêtant près de ton château, j'apprends que tu Fhabi- » tes en ce moment , et , de plus , que lu t'es marie 1) pendant mon absence. Je peux rester ici quelcpies I) heures , et si tu veux me présenter à la comtesse » d'Ai^lemont, que je n'ai pas l'honneur de connaître, » j'irai déposer mes hommages à ses pieds , heureux » de rencontrer chez toi un avant-goût des plaisirs » que je vais retrouver à Paris. J'attends la réponse )) à l'auberge.

» Ton affectionné et bien ennuyé camarade ,

» LÉON DE Mon VAL. »

LA BARONNE

Il faut qu'il vienne; il nous amusera.

LE COMTE

Je ne demande pas mieux.

LA COMTESSE

Allez le chercher , Arthur.

LE COMTE

Vous avez raison, ma mère ; l'auberge est ici près : je vais le chercher , et j'amène à vos pieds le conquérant d'Ancone.

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