‹ Œuvres complètes de M. AncelotChapitre 298 sur 560 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

PÉPIN, assis, GISLEMAR , debout.

PÉPIN

Ainsi, le poursuivant d'un horrible réveil , Tes soins ont de sa couche écarté le sommeil ?

GISLEMAR.

Des apparitions , des fantômes funèbres

Ont devant ses regards glissé dans les ténèbres ;

Je l'ai vu sur son lit s'agiter et frémir ;

Il invoquait les saints , il n'osait pas dormir ,

Et le prodige vain , qui l'épouvante encore.

Ne s'est évanoui qu'au retour de l'aurore.

PÉPIN

II suffit, Gislemar, je suis content.

GISLEMAR.

Pourquoi Livrer à ces terreurs 1 âme du jeune roi ?

PÉPIN

Tu le sauras ! Chlodsinde est dans ces lieux?

GISLEMAR.

Sans doute !

De Compiègne avec nous elle a repris la route. C'est elle qui du prince encourageait l'essor.

PÉPIN

Oui ! je fus outragé !

GISLEMAR.

Comment vit-elle encov?

PÉPIN

Près de ce Childebert , dont l'amour la protège , Puis-je donc la frapper? As-tu vu ce cortège De Gaulois, réveillés par les fureurs du roi? Leurs yeux accusateurs semblaient fixés sur moi ; Tous , jusque dans Compiègne ils sont venus en armes : Que ce voyage un jour leur coûtera de larmes !

Ci)lodsinde allait mourir, et son sang abhorré... Mais , fille d'un guerrier dans la Gaule honoré , Cette esclave fatale a de nobles ancêtres ; Qu'aurait fait ChiIdebert,etqu'auraientditvos prêtres?

GISLEMAR.

Voulez-vous , seigneur duc , dévorer votre affront ?

PÉPIN

Non pas ! car ce sont eux qui la condamneront !

GISLEMAR.

Comment ?

PÉPIN

Retire-toi. Tu vas bientôt apprendre Quels soins de tes efforts je peux encore attendre.

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