SCENE X
La comtesse, le COMTE, TRELAWNEY, BYRON, GUITTA , M. de SENNEVILLE , FoiLE , avec des flambeaux.
BYRON , allant au-devant deux.
Que signifie tout ce vacarme?...
TRELAWNEY
Ah ! vous voilà , mylord ]... {Ala foule.) Eh bien ! vous le voyez , il n'est rien arrivé au grand poète , ce n'était que moi qu'on assassinait.
BYRON
Toi , Trelawney?...
TRELAWNEY
Oui , mais ce sont des maladroits ; mon manteau a tout reçu !..
BYRON
Et d'où peut venir ?...
Ah ! vous ne manquez pas d'ennemis, et il y a encore des jaloux à Venise ! Mon diable de costume , tant soit peu bizarre , représente mieux un grand homme que votre frac anglais , aux yeux de ces imbécilles , et ils m'ont adressé ce qu'on vous destinait.
BYRON
Cher ami !...
TRELAWNEY
Je ne suis pas même blessé !... Ils étaient quatre , et sans elle...
BYRON
Qui, elle?
TRELAWNEY
Et pardieu ! Margarita !
BYRON
Comment?
Gi'iTT A , (lui s'était ternie à l'écart , vient se jeter dans ses bras. Byron!...
BYRON
Que vois-je?... blessée I...
QUITTA
Rien! rien!... j'ai cru qu'on voulait te tuer'... {Elle tirexui petit pokinard de sa ceiniuir. ) Vois! j'ai de quoi te défendre... ou te suivre !
BYRON
Bonne Guitta !
TKELAAVNEY.
Elle allait joliment!... Une armée comme cela, mylord !... et le monde est à vous !
BYRON , pressant Giiitta contre son cœur.
Le monde?... crois-tu qu'il vaille un sourire de Guitta?... me donnerait-il seulement une minute de bonheur ? Vois , mon anu , ce que c'est que la gloire.
TRELAWNEV.
Une puissance qui , comme les autres, ne s'obtient pas sans péril. Mais voyez cette foule accourue au bruit de vos dangers.
BYRON
Ah ! tu as raison ! . . . Pardon , messieurs ! . . . mesdames, mille grâces de votre intérêt!... [A Oroboni.) Comte, mon bras est encore à vous !... je ne sais quoi me dit là que je ne mourrai point obscurément dans les rues de Venise. (.-1 demi-voix.) Guitta, entre chez moi, soigne ta blessure ; je t'offre un asile dans ma maison.
GUITTA.
Quel bonheur !
BYRON , à demi-voix, à Trelawncy.
Trelawney , je veux savoir le nom de cette femme mystérieuse qui était là.
TRELAWNEY , bas.
Fiez-vous à moi.
BYRON, haut.
Maintenant, allons au bal.
LA COMTESSE
An bal ?
BYRON
Voudrais-je me brouiller avec les jeunes femmes de Venise pour avoir interrompu leurs joies ?... non!... Faisons reconanencer les danses et les valses... D'après votre système , madame , les plaisirs sont une compensation aux chagrins de la vie : les sages doivent la rechercher ! ... ne laissons donc personne avoir plus de sagesse que nous.
• "Li ' ' "^'"~ "^