LE MAIRE DU P
Aux projets d'un rebelle enchaîna ma raillance , Le perfide égara ma crédule ignorance.
THIERRY
Que dit-il, Ebroïn... ?
CLOVIS
Sans amis , sans parents , Condamné par le ciel à des destins errants , Misérable orphelin , jeté seul sur la terre , J'ai cru venger ma race et le sang de Clotaire. Oh ! que n'avez-vous vu mes douleurs, mes sanglots, Lorsque de l'imposteur apprenant les complots 3 'ai mesuré l'abîme où m'a plongé le traître ! Que de pleurs j'ai donnés au trépas de mon maître !
THIERRY
Quel soupçon ! se peut-il ! quoi , cet infortuné Aux forfaits malgré lui serait-il enchaîné? Parle.
ÉBROlN.
Nous sommes seuls: c'est fait de sa puissance , Et je peux sans danger lui rendre l'innocence : Oui , je l'avais trompé.
CLOVIS
Vous l'entendez, mon roi !
Je tombe à vos genoux !
THIERRY
Malheureux ! lève-toi.
CLOVIS
Eh quoi! votre pitié...
La vérité m'éclaire :
En perdant mon erreur, j'ai perdu ma colère.
CLOVIS
Guerriers dont j'ai guidé les drapeaux conquérants , Accueillez mon retour et rouvrez-moi vos rangs ; Français , de mon erreur périsse la mémoire : Je puis encor mourir dans les champs de la gloire !
THIERRY
Magnanime guerrier !
CLOVIS
Allons ! et qu'à ma voix Les Français détrompés se courbent sous vos lois ; Je veux sur votre front posant le diadème , Aux genoux de Thierry les conduire moi-même... Grand Dieu!...
ÉBROJN.
De ce palais tu ne sortiras pas.
CLOVIS
0 douleur !